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4 (1740) Lettres F - H
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fique tombeau. Son père étoit Vincent Hotman, Confeillerau Parlement de Paris. * Mémoires du tems.

HOTTENTOTS,c’ell le nom que les Européens donnentaux Caffres, qui habitent auprès du Cap de Bonne-Efpérance,en Afrique. On le leur a donné à caufe que dans leur Langueils fe fervent fouvent d’un mot qui fonne comme celui-là. Ilsfont féparez & indépendans les uns des autres. Ils ont un Roiou Capitaine à qui ils obéïffent. Tout leur bien confifte en trou-peaux, & ils changent de lieu félon que la nécelüté les y oblige.Ils n’ont guéres de Religion : feulement quand ils ont befoin depluye pour leurs pâturages, ils en demandent à un certain Etrequ’ils ne connoiifent point, qu’ils ne nomment point, & quidemeure à ce qu’ils difent, tout là haut, & lui offrent en facrifi-cé du lait, qui eft la meilleure chofe qu’ils ayer. a Ils fe tiennentalors pendant quelque tems autour d’un balfin de lait, les yeuxlevez au ciel, dans un profond filence. Ils ont la taille belle,l’air dégagé, les yeux vifs & pleins d’efprit, le teint bafané, &paroiffent toujours de bonne humeur; mais ils font mal-pro-pres, puans & pareffeux. Us puniffenc fort févérement l’affafli-nat, le vol, & l’adultère ; quand quelqu’un d’entre eux eft con-vaincu d’un de ces crimes, toute la populace s’affemble ; on amè-ne le criminel, & le Roi ou Capitaine lui donne le premier coup,qui eft fuivi des autres jufqu’à ce qu’il expire fous le bâton. *Choify, Voyage de Siam.

HOTTINGER, (Jean Henri) naquit à Zurich enSuiffe ledixiéme Mars 1620, d’une honnête famille. Il fit fes premièresétudes avec un fuccès qui fut un heureux préfage pour la fuite.Son inclination le portoit à la connoiffance des Langues, & ilapprit en peu de tems la Latine, laGréque & l’Hébraïque. Lors-qu’il fut en état d’aller vifiter les Académies étrangères, on lejugea digne d’être entretenu dans fes voyages aux dépens du Pu-blic, & il partit pour les commencer le 2 6 Mars 1638, avecJean-Henri Ottius, qui s’eft rendu depuis fameux par fon habile-té. Il alla d’abord à Genève, où il demeura deux mois occupéà profiter des inftructions de Frédéric Spanheim. Il parcourutenfuite la France & les Païs-Bas, & fut fe fixer à Groningue, oùil s’appliqua à la Théologie fous François Gomare & Henri AI-ting, & à la Langue Arabe fous Matthias Pafor. Son deffein é-toit de faire un long féjour en cette ville, mais on lui offrit unpofte qu’il crut devoir accepter: ce fut celui de Précepteur desenfans de Jacques Golius, Profeffeur en Langues Orientales àLeyde. Le défir qu’il avoit d’apprendre parfaitement ces Lan-gues, ne lui permit pas de négliger une occafion fi favorablepour cela , & il fe rendit à Leyde en 1639. Il trouva en ce lieutout ce qu’il pouvoit défirer. Golius, qui lui vit du goût & dela difpofition, n’oublia rien pour lui communiquer fes connois-fances. Il y avoit aufli à Leyde un Turc qui fut d’un grand ufa-ge à Hottinger pour apprendre l’Arabe & le Turc. Outre celaGolius avoit une Bibliothèque Arabe allez nombreufe, & Hot-tinger en copia pour fon ufage un grand nombre de manufcritspendant les quatorze mois qu’il demeura à Leyde. L’an 1641,il fe préfenta une occafion de faire le voyage de Conftantinopleavec l’Ambaffadeur des Etats Généraux , qui l’avoit, à la per-fuaûon de Golius, choifi pour fon Aumônier. Hottinger ravide cette occafion, qui lui donnoit le moyen de fe perfectionnerdans les connoiffances qu’il avoit déjà acquifes, & dans de nou-velles, fe difpofoit à en profiter, lorsque le Sénat de Zurich, quiappréhenda de le perdre entièrement, le rappella. Il fe renditdonc en Suiffe après avoir fait un tour en Angleterre, & y avoircontracté amitié avec plufieurs favans hommes de ce Royaume.Il ne demeura pas longtems fans emploi ; car l’année fuivante1642, il fut fait Profeffeur en Hiftoire Eccléfiaftique à Zurich,emploi auquel on ajoûta encore en 1643 , celui de Profeflêur enThéologie & en Langues Orientales. En 1653, il fut honoréde nouveaux titres, ayant été nommé Profeffeur ordinaire deRhétorique & de Logique, & extraordinaire de la Théologie,de l’ancien Teftament & de Controverfe, & de plus encore Cha-noine. Tout cela ne fuffifoit pas pour remplir fon tems, car iln’a pas laiffé au milieu de fes occupations de compofer un grandnombre d Ouvrages. Audi étoit-il infatigable, & aucune entre-prife, quelque pénible qu’elle fût, n’a-t-elle jamais été capablede l’effrayer. L’Eleéteur Palatin voulant remettre en réputationfon Univerfité d’Heidelberg, le demanda au Sénat de Zurich eniôjS. On eut quelque peine à condefcendre à fes défirs; maiscomme il ne le demandoit que pour trois ans, on ne put le luirefufer. Il fe rendit donc à Heidelberg, après avoir été à Bâlefe faire recevoir Doéteur,& prit poffellion de la Chaire de Théo-logie de l’Ancien Teftament & des Langues Orientales le 16 Aoûtde la même année. Peu de tems après, l’Eleéteur lui donna laconduite du Collège de la Sapience, qu’il avoit rétabli, & l’ho-nora encore depuis de quelques autres dignitez. En 1658, il ac-compagna ce Prince à la Diète de Francfort, & ce voyage luidonna occafion de faire connoiffance avec plufieurs Savans, &principalement avec Job Ludolf. Les trois années du féjour qu’ildevoit faire dans le Palatinat étant écoulées, il fongeoit à re-tourner dans fa Patrie, mais l’Eleéteur fit tant d’inftances auprèsdu Sénat de Zurich, qu’on le lui laiffa encore pour quelques an-nées. Il demeura donc à Heidelberg jufqu’en 1661, que la villede Zurich ne pouvant fouffrir plus longtems fon abfence, le re-demanda à l’Eleéteur, qui le lui renvoya à regret, & l’honoraavant fon départ du titre de fon Confeiller Eccléfiaftique. Deretour en fa Patrie , on lui donna en différens tems plufieursemplois honorables, & qui marquoient la confiance qu’on avoiten fon habileté. Il fut fait l’année fuivante 1662, Reéteur, &quoique cette dignité ne foit donnée que pour deux ans, on lalui conferva par une diltinétion particulière jufqu’à fa mort. Il fiten 1664, un voyage en Allemagne & en Hollande, pour négo-cier quelques affaires dont il fut chargé, & il profita de cetteoccafion pour revoir les Savans, avec lefquels il avoit été juf-

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ques-là en relation. Plufieurs Univerfitez avoient tâché en plu»fleurs circonltances de l’attirer; mais attaché à fa Patrie, il avoittoûjours refufé les partis les plus avantageux qu’on lui avoit of-ferts. Cependant les Etats de Hollande le demandèrent en 1667,avec tant d’empreffement pour profeffer à Leyde, & on lui fitentrevoir tant d’avantages dans ce changement de Pais, qu’il ac-cepta les offres qu’on lui faifoit, & que le Sénat de Zurich luiaccorda fon congé. Il mit donc ordre à fes affaires; mais unbien qu’il avoit à deux lieues de Zurich fur le Limât fut l’occa-fion du trille accident qui termina fes jours. Il s’embarqua pourle louer le cinquième Juin 1667, avec fa femme, trois de fesenfans, une fille qui les fervoit & deux de fes amis. Mais à pei-ne étoient-ils à quatre pas de la ville que le bateau alla donnercontre un pieu, que les groffes eaux empêchoient d’apercevoir;la fecouffe le fit tourner, & tous ceux qui y étoient tombèrentdans l’eau en un endroit où fon cours étoit très rapide. Hottin-ger fe fauva à la nage avec fes deux amis, & gagna un gué. Maisla vue de fa femme & de fes enfans, qui fervoient de jouet auxflots, l’attendrirent, il fe remit avec eux à la nage pour les al-ler tirer du danger. Ses forces ne fécondèrent point fon ardeur,& il fe noya avec l’un d’eux & fes trois enfans. L’autre ami avecfa femme & fa fervante fe fauvérent heureufement. C’eft ainlïque périt ce favant homme, dans un âge où l’on pouvoit enco-re efpérer beaucoup de lui, car il n’avoit que 47 ans. Il s’é-toit marié en 1642 , & avoit époufé Anne Huldrk, fille d’un Mi-niftre de Zurich, dont il a eu plufieurs enfans. Rich. Simôn trou-ve qu’Hottinger ne compofoit pas fes Ouvrages avec affez defoin. Jean-Henri Heidegger, qui a fait fa Vie, fait affez connoî-tre que ce jugement n’eft pas mal fondé, lorsqu’il rapporte qu’illui avoit fouvent entendû dire, que pour compofer plus vite, ilfui voit la méthode de Bullinger, qui étoit de convenir avec unImprimeur pour l’imprelïîon d’un livre avant qu’il y en eût riende fait, & de le compofer à mefure qu’on le mettrait fous laprefle, parce qu’alors l’Imprimeur, qui en vouloit voir la fin,preffoit l’Auteur lans relâche, & ne lui laiffoit point de reposqu’il ne l’eût achevé. Cette méthode eft fort bonne pour fairebeaucoup de Livres, mais il eft difficile en la fuivant de rien fai-re d’exaét. II eft Auteur des Ouvrages qui fuivent, Exercitatio-nes Anti-Moriniana, de Pcntateucho Samaritano , ejusque udentica au-thentia , in quitus non tantum firmis rationibus Pentateucbus Samariti-eus Apographum vitiofum ex Hebreto Apographo demonftratur ,fedetiamnonnulla S. Scriptura Ë? Antiquitaiis loca difjicüïora de Sammtano-rum Religione , Jcriptis, moribus Ulufirantur, atque ex monumentis va -riis eruuntur ; quitus accedit Epitome omnium Capitum Libri Jofua,hoc efi chronïci illius Samaritani, quod ex legato Magni Scaligeri vaLeidenfi Bibliotheca Arabicè contextum , fed Samaritico charaBere exa-ratum ajfervatur , Tiguri, 1644. in quarto; Erotematum Linguet San-Ba libri duo, cum Appendice AphoriJ'morum ad leBionem BiblioruntHebrdicorum, Tiguri, 1647, inoBavo; Le ConduBeur Chrétien im-partial (en Allemand) Zurich, trois tomes, in quarto , 1647,1648,1649; Thefaurus Philologicus , Jeu Clavis Scripturs, qua quidquidfe-rè Orientalium , Hebraorum maxime &P Arabum habent monumenta deReligione ejusque variis fpeciebus, Judaïj'mo, Samaritanifmo, Muham-medifnio , Gentilifmo, de Theologia & Theologis, Verbo Dei , 0 JV.breviter & aphorifticê ita referatur & aperitur, ut multiplex inde aiPhilologie Theologia fiudwfos fruBus redundare pofiit , Tiguri,1649. in quarto; Hiftona Ecclefiaftica Novi Teftamenti, Partes no-vem, Tiguri in oBavo. Hiftoria Orientalis, qua ex variis Orienta-lium monumentis colleBa agit 1. De Muhammedijmo ejufque caufis tumprocreantibus , tum confervantibus, 2. De Saracenijino, feu Religioneveterum Arabum, 3. De Chaldaïfmo, Jeu fuperjlïtione Nabataorunt,Chaldaorum, Charranaorum, 4. de ftatu Cbrijhanorum & Judaorumtempore orti & nati Muhammedifmi, 5. de variis inter ipj'os Muham-medanos circa Religionis dogmata & adminijlrationem, fententiis, Jchif-matis, & harefibus excitatis, 6. accejftt, cxoccafione Genealogia Mu-hammedis , plenior illuftratio Taarich Bene Adam, qua , ex ipfis Ara-bum Jcriptis, vit a & res gefia Prophetaruni , Patriarcharum , quo-rumdam eliam Apojlobrum, Regum Perfie , aliorumque ab Aiiamoad Moehammedis ufque natales in orbe degentium & regentium, expli-,cantur , Tiguri, 1651. in quarto, 7. Grammatïca Chaldao-Synac <elibri duo , cum triplici appendice Chaldaa , Syra & Rabïnïca, tiguri1652, inoBavo, 8- AnaleBa Hijtorico-Theologica , 0B0 DiJJertatio-nibus propofita, I. de necejjitale Reformations Juperiort J'aculo injlitu-ta,2.de Heptaplis Pariftenfis fiveBibhis Regiïs , 3 .de Jubiko fudaico,Chriftiano & Pontijicio, 4. Judicia Hebraorum & Arabum de terremotibus, 5. deuju Lingue Arabica in Theologia. Medicina , Jurif-prudentia, Philofophia & Philologia , 7. IntroduBio ad leBionem Pa-trum, 8. de ufu Patrum, accejftt Appendix de Cjrilli Patriarcba Con-ftantinopoütani confejfone , feripturx & Patrum tejlimoniis veftita, vi-ta, Jcriptis & Martyria, Tiguri, 1653, inoBavo, 9. Dijfertatio-num Mijccllanearum P entas, 1. De abuju Patrum, 2. Catalogus j’erip-torum Ecclefiafiicorum fuppojititiorum, 3. Specimem Philofophia fit-jloricx, 4. Irenicum Hclveticum, 5. Methodus legendi Hifiorias Hel-veticas, Tiguri 1654, in oBavo & quarto ; D'tjfcrtatio de fubjidiisAnalyjeos Jacrœ, prolixê de fenfu Vcrborum inftitutionis cœn& Dominiez,Tiguri, 1654, in oBavo-, Juris Hebrdtorum Leges 261, juxta legisMofdica ordincm atque feriem deprompts,, atque ad Judaorum mentem,duBu R. Lcvi Barzeloniu, indicatis cujuslibct prœccpti fmdamcnto ,materia, JubjcBo, fine, accidentibus, tranfgrejforis peena, propofita,Tiguri, 1655, in quarto; Collcgium Sapientia refittutnm , five Ora-tio f&tularis de Collegio Sapientia quod Hcidelberga eft, acccjfcrunt no-ta de Heidelbcrgenjîs Academis, origine, progrejfu , privilegiis, Ë Pc.Heidelberga, .1656, in quarto; Smegma Orientale fordibus Barbarïf-mi, contcmptui prajertim Linguarum Orientalium, oppofitum, Heidel-berga, 1657, in quarto; Promptuarium, five Bibliotheca Orientalis,exhibais Catalogum five Centunas aliquot tam AuBorum, quam Libro-rum Hebrdicorum, Syriacorum, Arabicorum, Ægypliacorum, addita Man-tijfa Bibliothccarum aliquot Europxarum, Heidelbcrge 1658, in quarto $Grammatïca quatuor Linguarum Hebraïce, Cbaldaica, Synacœ,& Ara-bica