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4 (1740) Lettres F - H
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271
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_ G Y M. GY N.

„ miers : l’un crache fes dents avec le fable & le fang d’un coup„ qu’il a reçu dans la mâchoire, fans que cet homme vêtu de,, pourpre, qui préfide à ces exercices, fe mette en peine de les„ féparer. Ceux-ci font voler la poulilére en fautant en l’air,,, comme ceux qui difputent le prix à la Courfe.

„ Solon. C’eft ici le lieu des Exercices, & le Temple à'Apol-,, lonle Lucien, dont la llatue paroit fur cette colomne en la po-,, fture d’un homme las, qui fe repofe fur le coude, ayant la tê-„ te appuyée fur la main droite & tenant de l’autre fon arc.„ Ceux que tu vois dans la boue ou dans la poulilére, combat-„ tent à la Lutte; les autres qui fe frappent à coup de piez & de„ poings, au Pancrace. 11 y a encore d’autres Exercices, com-„ me le Saut, le Palet, & le Pugilat, & par tout le Vainqueur„ eft couronné. *

Ces Jeux fe donnoient en Grèce quatre fois l’année, favoir àOlympie en la province d’Elide, &pour cela furent appeliez lesJeux Olympiques, en l’honneur de Jupiter Olympien; en l’ifthmede Corinthe, appeliez pour cela IJibmiens, dédiez à Neptune;en la forêt de Nemée, dit pour cela Néméens , à Hercule; & lesPytbiens , à Apollon, pour avoir tué le ferpent Python. -

GYMNOSOPHISTES, Philofophes des Indes, divi-fez en deux Seétes, en Brachmanes & Gertnanes ou Sermanes. Ily en avoit aulfi qu’on nommoit Hylobiens, qui vivoient dans desforêts, pour y contempler plus à loifir toutes les merveilles de laNature. Ces Philofophes en général croyoientlamétempfycofe,ou tranfmigration des âmes, faifoient confifter le bonheur del’homme à méprifer les biens de la fortune, & fe glorifioient dedonner de bons confeils aux Rois & aux Magiftrats, pour le gou-vernement & la conduite des Etats. On dit que les Hylobiens fecouvroient d’écorces d’arbres, & choifilfoient les creux des chê-nes pour retraite ordinaire. Ils alloient nuds, renonçoient auvin & aux femmes, & menoient une vie très-farouche. Les Ger-manes étoient plus humains: ils profeftbient la Médecine, &quelques uns fe mêloient d’enchantemens & de prédiétions. LesGymnofophiftes fe brûloient fouvent eux mêmes, pour éviterl’ignominie qu’ils trouvoient à fe lailTer accabler par une mala-die. 11 faut remarquer qu’outre les Gymnofophilles des Indes,il y en avoit d’autres en Afrique, fur une montagne d’Ethiopie,affez près du Nil, qui vivoient fans communauté, & en vraisSolitaires. * Philollrate, in Vita Apollonii. Tertullien , Apolog.c. 24. Clément Alexandrin, Stromates , l. 1. Saint Augultin, deCivitateDei, l. 15. StrabOn, l. 15. Sotion rapporté parLaërce,au commencement de la préface du livre premier. Apulée. Ari-ftote. Solin, &c. Voyez BRAMINES.

GYNDES, un des grands fleuves de l’Aflyrie après l’Eu-phrate, qui defcend avec rapidité des Monts-Mantiennes, cou-le dans le païs des Dardaniens, fe décharge dans le Tygre, &perd fon nom dans la Mer Rouge. Ce fleuve ayant arrêté l’arméede Cyrus, qui venoit fondre fur Babylone, & un des Soldatsque ce Prince chériflfoit ayant été noyé au palTage, le Roi juraque puisqu’il avoit fait périr un fi brave homme de fes troupes,il feroit bientôt en forte, que ce fleuve pourroità peine attein-dre aux genoux d’une femme. Il déclara donc la guerre au fleu-ve, & après y avoir fait faire quarante-fix faignées ou canaux endiflférens endroits, d’autres difent trois cens foixante, il y fitpalier toute fon armée prefque à pié fec. D’autres Hiiloriensdifent que le fujet de cette grande colère de Cyrus contre cefleuve, fut parce qu’il y perdit un fier courfier, dont il fe fer-voit dans les batailles. * Hérodote, /. 1. Sénéque, Traité de la

GYN GYP. GYR. &c. 271

Colere, l. 3. Tibulle, /. 4. Eleg. 1. v. 141, dit en parlant de cetévénement,

Rapidus Cyri dementia ■Gyndes.

Ce qu’il y a de fur, c’eft qu’au tems d’Hérodote ce fleuveétoit rentré dans fon lit, qu’il remplifloit, de forte qu’on lepafloit fur un pont de bateaux.

GYNECÜNOMES, étoit le nom d’une forte de Magi-ftrats ou d’Infpecteurs établis à Athènes , qui avoient droitd’examiner les repas, & de voir fi le nombre des Conviez étoitconforme aux loix & aux coutumes de la République. Ces In-fpeéteurs étoient au nombre de vint. Ils prenoient garde furtout aux femmes, & quand ils en mettoient quelcune à l’amen-de, ils avoient foin de l’expofer aux yeux du public, dans unendroit deftiné pour cela. * Julius Pollux.

GYNE’ CRATUM E'N 1 E N S , ancien peuple de laSarmatie Européenne. 11 habitait autour du Tanaïs. Il devoitn’y avoir point de femmes entre eux, comme leur nom le porte,& ils ne fe marioient avec les Amazones, qu’à condition, que lesmâles feroient à eux, & que les femelles refteroient aux Amazo-nes. 11 y a au relie beaucoup d’apparence, que ce peuple eltfabuleux. * Maty, Dièt. Géogr.

GYPS ATES, nom que l’on donnoit aux Efclaves expo-fez en vente dans les places publiques ; non pas, parce que,comme l’a cru un Savant, ils avoient les fouliers frottez deblanc ou de craye (c’eft: la lignification du mot Latin GypJurn)mais parce que ces Efclaves expofez en vente, avoient les pieznuds & couverts de blanc ou de craye. Ceux que l’pn faifoit ve-nir de Bithynie ou de Cappadoce, pour être vendus à Rome,étoient expofez de cette manière, comme Juvénal le fait con-noître, Sat. 7. v. 16.

Altéra quos nudo traducit Gallia talo.

Pline, l. 35.e. 17. & 18. n. 58, nous marque clairement cette cou-tume. * Juvénal, Sat. i.v. m. Ovide, Amorum, l.i.Eleg. 8.v. 64. Properce, l. 4. Eleg. 5. v. 52. Voyez Pignorius, de Servis;Balduin , de Calceo ; Nigronius , de Caliga, &c.

G Y R O N, petite rivière de France dans le Haut Langue-doc Elle a fa fource près de Puylaurens, & fe décharge dansla Garonne entre Touloufe & Verdun. * Maty, Diü. Géogr.

G Y TII O N S, peuples de Germanie, compris fous les Sui-ves Orientaux, Il y en a qui les appellent Gottons , & d’autresGultons. Ils demeuraient fur les bords de la Mer Baltique versl’emboûchure de la Viftule, ce qui forme préfentement la plusconfidérable partie de la Pruffe Royale. Il y a quelques Géogra-phes qui les placent dans la Sarmatie Européenne, mais ceuxqui rejettent cette opinion, la combattent, en difant que la Vi-ftule fait la féparation de la Germanie & de la Sarmatie, & queles Gythons demeurant en deçà de ce fleuve , ne pouvoientpoint par conféquent être compris dans la Sarmatie. Leur prin-cipale demeure étoit Gytonium. Enfuite on la nomma Gedanium,d’où s’eft formé, par corruption, le nom de Dantzick qu’elleporte préfentement. * Audiffret, Géogr. Ancienne Moderne ,tome 3. Th. Corneille, Diiï. Géogr.

G Y T S C PI 1 N. Voyez G I T S C H I N.

G Y U L A. Voyez G I U L A.

G Z E R S R O, ville ruinée de Pologne. Voyez CHER Z.