112 MISSION POU 11 LE MAIIIAGE IIU DUC DE GUYENNE
cesse bourguignonne. Instruit par le maître de Santiago 1 2 , ilenvoya au début de 1470 une ambassade chargée de deman-der la main de la jeune infante : on convint que des plénipo-tentiaires viendraient en Espagne régler toutes choses pourque les fiançailles pussent être célébrées solennellement. Peude temps après, deux ecclésiastiques français se rendirent àla cour de Henri IV et le prièrent de se joindre au roi deFrance qui comptait réclamer la réunion d’un concile contrele pape Paul II. Mais le souverain castillan répliqua aussitôt,sans prendre l’avis de son conseil, que ses prédécesseurs nes’étaient jamais rebellés contre le Saint-Siège : il voulait lesimiter en cela, et, d’ailleurs, il avait grandement à se louerdu pontife dont l’autorité lui avait été fort utile contre lesprélats et les Grands de Castille révoltés. En conséquence, ilpriait le roi de France de ne point insister sur ce sujet\ Si-gnalons encore, en 1470, une lettre de Louis XI datée d’Am-boise, le 23 juin, dans laquelle il annonce à son allié qu’ila conclu avec Henry VI, roi d’Angleterre, une trêve detrente ans dont il lui envoie copie, « esquelz (trêves) avonsvoulu que vous ensemble voz royaulme, seigneuries et sub-gectz soyez comprins, en cas que ce soit vostre désir et quecomprins y vouldrez estre » ; il l’informe aussi qu’il s’est dé-claré contre Edouard IV qu’il considère comme un usurpa-teur 3 .
Les ambassadeurs chargés de conclure le mariage de l’in-fante D a Juana avec le duc de Guyenne arrivèrent à Burgosà la fin de juillet 1470. En chemin, ils avaient été rejointspar des messagers qui leur avaient appris que la reine deFrance était accouchée d’un fils, le 30 juin : le frère deLouis XI perdait par cela même sa qualité d’héritier dutrône. Ils ne s’acquittèrent pas moins de leur mission 4 : l’évê-que d’Albi, le sire de Torcv, le comte de Boulogne et le sirede Malicorne, — ces deux derniers représentant le duc deGuyenne, — furent reçus avec les plus grands honneurs à
1. Cf. une lettre de Louis XI datée de Montilsdez-Tours du 12 no-vembre 1469, éd. Vaësen, t. IV, p. 51 et infra.
2. Crônica, éd. cit., p. 194, col. 1 et 2.
3. Lettres de Louis XI, éd. cit., t. IV, p. 123.
4. Le Memorial de diversas hazanas (éd. cit., pp. 55 et 56) prétendà tort que l’évêque d’Albi, mortifié par cette nouvelle, aurait quitté laCastille.