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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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FIANÇAILLES DU 1110 DF 0.1'YONNE

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Médina del Campo. Le marquis de Villena, le duc d’Arévalo,les comtes de Benavenle et de Miranda ainsi que D. PedroGonzalez de Mendoza, évêque de Sigiienza, sortirent de la villeà leur rencontre. Trois jours après, les envoyés français seprésentèrent devant le roi entouré de toute sa cour ; le car-dinal porta la parole et demanda pour le duc de Guyenne lamain de l’infante; suivant le chroniqueur, il aurait mêlé à sondiscours des paroles injurieuses contre D. Fernando, D" Isa-bel et D. Alfonso, ce frère puiné de Henri IV qui avait été,à une certaine époque, reconnu comme souverain par unepartie de la Castille. Le roi répondit gracieusement et dési-gna, pour conférer avec les envoyés de France et arrêter tou-tes choses, l'archevêque de Séville, l’évêque de Sigiienza et lemaître de Santiago. Quand les négociations furent terminéeset les actes signés, la cour et les ambassadeurs se trans-portèrent à Ségovie : on en partit le 20 octobre pour se ren-dre au monastère de chartreux de Sotos-Albos ' où le marquisde Santillana devait amener la jeune infante. La cérémoniedes fiançailles eut lieu en plein air dans la vallée du Lozoya 5entre Ségovie et Buitrago. Henri y déclara solennelle-ment que D" Juana était sa fille légitime et l’héritière duroyaume. Un formidable orage mêlé de grêle éclata subite-ment et dispersa les assistants qui cherchèrent un refuge oùils purent : la princesse resta même seule avec un serviteur,tellement chacun, sans souci de l’étiquette, aA'aithàte de trou-ver un abri. La tempête finie, on reprit le chemin de Ségo-vie, et là, les ambassadeurs demandèrent qu’on leur donnâtla preuve que l’infante était bien l’héritière de la Castille ;on leur répondit que tous les Grands lui avaient, en cette qua-lité, prêté serment et hommage. Dans la cathédrale, la reinereçut la communion de la main du cardinal et jura que D 11Juana était la fille de Henri IV. Les envoyés s’en retournè-rent en France comblés de présents 3 .

1. Sotos-Albos prov. et dist. jud. de Ségovie.

2. Le Lozoya coule presque à la limite de la Vieille et de la NouvelleCastille et se jette dans le Jarama, affluent du Tage. Ségovie est dans laVieille Castille, Buitrago dans la Nouvelle (prov. et dist. jud. de Soria).Ces deux villes sont séparées par la chaîne de montagnes dite Sierrade Guadarrama.

3. Memorial de diversas hazanas, éd. cit., pp. 57 et 58 et Crônicade I). Enriquc IV, éd. cit., pp. 201-204. Ce dernier texte rapporte les

Dal'mkt. France el Cuslille. 8