PROJETS DE MARIAGES
III
prix de leurs exploits, Henri IV et Louis XI fissent taireleurs ressentiments. Après .avoir écouté ce discours, le roise retira pour délibérer avec le maître de Santiago, l’évêquede Sigiienza et les autres membres de son conseil. Une dis-cussion s’engagea, dans laquelle le marquis de Villena toutdévoué à la France et qui avait sur son maître une influenceconsidérable, l’emporta. Il fut décidé qu’on reviendrait à l’al-liance française, qu’on renoncerait à l’amitié de l’Angleterre,et qu’on ferait même publier la guerre contre cette nation ’. '
Ce n’était là qu'une partie de la mission de l'évêque d’Albi :il devait en outre tenter de conclure un mariage entre D"Isabel, sœur du roi, et le ducdeGuyenne, frère de Louis XI,héritier présomptif du trône, puisqu’il ce moment le roi deFrance n’avait point encore d’enfant mâle. La princesse de-vait, elle aussi, devenir reine de Castille, car Henri IV,ayant conçu des doutes sur la légitimité de sa fille, avaitreconnu en 1468 les droits de sa sœur à la couronne. Parmitous les prétendants à sa main, D" Isabel avait déjà choisiD. Fernando, fils du roi d’Aragon. Cette résolution déplaisaitau souverain castillan, toujours plein de rancune contreJean IL Aussi, conseilla-t-on au cardinal Jouffroy de se ren-dre, accompagné de l’archevêque de Séville, à Madrigal où ré-sidait alors la princesse et de faire luire à ses yeux, pour ladétacher de l’union aragonaise, la brillante perspective d’unmariage avec un fils de France, héritier de la plus belle cou-ronne de l’univers. Mais ces propositions n’eurent aucunsuccès : D" Isabel garda l'attitude d’une extrême modestie,répondant seulement qu’elle devait obéir aux lois du royaume.L’évêque comprit qu’il était inutile d’insister et revint enFrance fort mécontent de cet échec 1 2 .
Le mariage de H. Fernando et de D n Isabel fut célébré àValladolid le 18 septembre 1469, malgré l’opposition du roide Castille. Ce prince songea alors à offrir au duc de Guyennesa propre fille, D a Juana, et à restituer à celle-ci les droitsqu’il avait reconnus à sa sœur. Louis XI en fut informé et ilaccepta cette proposition avec d’autant plus d’empressement,qu’il désirait éloigner son frère d’une union avec une prin-
1. Crânien de D. Enrique I V, éd. cit. p. 184, col. 2.
2. Ibidem, éd. cit., p. 185, col. 1, et Memorial de diversas hazanas,éd. cit..p. 51.