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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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AMI1ASSADH l’IÎANÇAISH T)K 1469

ture d’un traité rédigé à Westminster, qui substituait l’al-liance d’Edouard IV à celle de Louis XI, et qui fut ratifié,le 10 septembre, à Médina del Campo par Henri IV 1 . Les con-séquences ne tardèrent pas à se faire sentir: non seulement lesmarchands castillans cessèrent de venir en France, mais leroi aurait même ordonné à ses sujets de secourir les Anglaiscontre les Français 2 . Nous savons en outre, par le témoignagede Georges Chastellain, que Henri, ayant appris la rivalitéde Louis XI et de Charles le Téméraire, proposa son amitiéau duc de Bourgogne et lui fît dire que « de quelconqueheure qu’il voudrait emprendre la guerre contre le royLoys, luy de son bout il entrerait dedans le royaume fort etpuissant pour luy venir a secours et le conforteroit et assis-terait encontre tout le monde 3 4 ».

Le roi de France vit le danger et comprit qu’il avait eutort de s’aliéner les bonnes grâces du roi de Castille, et ilchercha à reconquérir le terrain perdu. Aussi, dans le cou-rant de l’année 1469, eiwoya-t-il en Espagne une ambassadedont le chef était le cardinal Jean Jouffroy, évêque d’Albi,et qui fut reçue avec grande solennité à Cordoue. Henri IVdonna audience aux délégués français dans la chapelle dela cathédrale, dite chapelle des rois*. Le cardinal, « grandletrado », au dire du chroniqueur, parla en latin pendant uneheure au moins 5 . Le texte de sa harangue nous a été con-servé 6 ; c’est un mélange singulier de citations de l’Écriture,des Pères et d’allusions mythologiques. Il rappelait l’anciennealliance qui unissait les deux couronnes depuis les temps lesplus reculés, affirmait que le roi de Castille n’avait pu larompre valablement puisqu’elle était conclue à perpétuité, depeuple à peuple, de royaume à royaume, de souverain à sou-verain : en conséquence, le traité fait avec l’Angleterre était denulle autorité. Il terminait en évoquant Du Guesclin, tous lesCastillans, tous les P’rançais qui avaient versé leur sang pourla défense des deux pays, il les représentait suppliant que, pour

1. lîymer, Fœdera, éd. cit., t. V, part. II, p. 146.

2. Crânien, de D. Enrique IV, p. 184, col. 2.

3. Œuvres de Georges Chastellain, éd. cit., t. Y, p. 359.

4. Crônica de D. Ènrique IV, p. 184, col. 2.

5. Fierville, Le Cardinal Jean Jouffroy et son temps. Paris, 1873,in-8°, p. 191 et infra.

6. D. Luc d'Achery, Spicilegium, t. III, p. 835 et infra.