HÉI’ONSES DE CHAUDES Vil
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ambassadeurs de Henri IV En ce qui concerne la flotte des-tinée à protéger les marchands contre les Anglais, le roi deCastille avait pensé que dix nefs et six galées suffiraient. EnFrance, ce nombre parut trop faible, car « il estoit besoingdemettre si puissante armée sur la mer que les Anglois parquelque entreprise ou armée qu’ilz voulsissent faire, ne lepeussent grever » ; aussi, Charles VII offrait-il pour sa partdouze nefs et trois galées « armées, équipées et avitaillées »,et demandait-il que le roi de Castille, dont les sujets navi-guaient beaucoup plus que les Français, fit un'sacrifice aumoins équivalent. Les ambassadeurs espagnols n’étaient au-torisés à proposer que dix nefs et six galées, mais ils se char-gèrent de prier leur maître de consentir à la requête du roi deFrance et promirent de donner une réponse avant la Saint-Martin (11 novembre). On a vu plus haut que la France et laCastille devaient agir de concert avec la Bretagne : les en-voyés de Henri avaient l’ordre de se rendre auprès du ducFrançois II, afin de régler avec lui les conditions de cet accord ;on décida qu’ils seraient accompagnés par un représentant duroi, le vice-amiral.
Les réclamations du roi de Castille au sujet de la tourélevée sur la frontière près de Fontarabie ne parurent pasfondées : on remontra à ses envoyés « bien et roidement quele Roy en son royaume, et sur ce point qui est sien, peut fairetel édifice qu’il luy plaist »; cependant on consentit à ordon-ner aux commissaires qui avaient été désignés de part etd’autre pour terminer les différends des Espagnols et desFrançais sur les bords delà Bidassoa, de se réunir à nouveauet de prendre enfin une décision ; Charles VII s’engageait às’y conformer.
Les Castillans se plaignaient de payer à Bordeaux et àBayonne « la traicte des entrées et yssues qui se liève es dizlieux » : on leur répliqua que ces droits faisaient partie dudomaine du roi et que leurs privilèges ne les dispensaientnullement de les payer. Mal satisfaits de cette réponse, lesambassadeurs demandèrent communication de certaines lettresdonnées par Charles VII à la suite de la conférence de Gan-nat : ce document contenait seulement l’ordre de faire jouirles marchands castillans de leurs privilèges. Or, comme ces
1. Ms. lat. 6024, fol. 110-112.