Druckschrift 
Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
Entstehung
Seite
104
Einzelbild herunterladen
 

101 AVÈNEMENT 1)15 LOUIS XI (Ü61)

privilèges ne comprenaient pas lexemption des taxes ren-trant dans le domaine royal, il était clair quils devaientpayer la « traicte, coustume et assise de Bourdeaux et deBayonne qui sont le vray domaine du Roy» ; on répondit doncaux envoyés de Henri IV quils avaient tort « de demanderjoyr des choses que leurs diz privilèges ne portent point».

Charles VII promettait de rendre justice à plusieurs négo-ciants qui croyaient avoir à se plaindre. En ce qui touchaitlenquête à faire au sujet des navires espagnols capturés parTalbot, le roi devait mander au maréchal de Xaintrailles etau maire de Bordeaux de lui envoyer « ladite enqueste closeet scellée.pour y avoir tel advis que de raison ».

Charles VII mourut à Mehun-sur-Yèvre le 22 juillet 1461.On connaissait en Castille les relations amicales que le nou-veau roi, Louis XI, avait entretenues du vivant de son pèreavec le duc de Bourgogne : or ce prince était très favorableau roi dAragon, Jean II, ennemi de Henri IV. Cest pourquoion craignit que le jeune souverain ne subit linfluence bour-guignonne et ne changeât la politique traditionnelle de laFrance en appuyant lAragon au détriment de la Castille.Le Memorial de Mosen Diego de Valera se fait lécho de cesappréhensions qui nétaient point fondées, au moins pourle moment'. En effet, Louis XI, désireux de renouveler lesanciennes alliances, suivit un usage constant et désigna àTours, le 12 octobre 1461, les ambassadeurs qui devaient serendre auprès du roi dEspagne 1 2 : le principal dentre euxétait Jean V, comte dArmagnac, rentré en faveur depuis lenouveau règne, et ce choix ne pouvait quêtre agréable à lacour de Castille ; les autres étaient Pierre dOriole et Nicolasdu Breuil. Dès quils furent arrivés à Madrid, Henri les fit« très honorablement recevoir » et leur donna audienceaussitôt, ainsi quils lécrivirent à leur maître. Le lende-main, il les écouta en son conseil et montra a très-grantvouloir pour la continuation de lamitié avec la France ».Jean dArmagnac et ses compagnons exposèrent, le 4 mars1462, les autres points au sujet desquels ils avaient reçu desinstructions « touchant le Roy dArragon et aussi touchant

1. Memorial de diversas hazanas, éd. cit., p. 23, col. 1.

2. Bibl. nat., ms. lat. 6024, fol. 102 v° et infra. Copie du pouvoirdonné aux ambassadeurs.