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RÉCLAMATIONS DE HENRI IV
ont souvent à souffrir les pirateries des Anglais : il demandeque le roi de France et le duc de Bretagne s’unisssent à luipour protéger les négociants. En outre, les privilèges de sessujets, malgré les promesses réitérées, ne sont point respec-tés notamment, à Bordeaux et à Bayonne. Aussi, prie-t-ilCharles YII de donner des ordres pour que les Castillanssoient « quittes de certain empeschement que maistre Pierredu Reffuge, vostre général 1 , puis pou de temps en ça leur al'ait». Il se plaint de la construction d’une tour élevée en facede Fontarabie : elle n’est d’aucune utilité puisqu’elle se trouvesur la frontière d’un pays ami, tandis que s’il arrivait, « queDieunevueille», que laGuyenne retombât auxfnainsdes enne-mis, les Espagnols en souffriraient « dommaigos intoléra-bles » ; de plus, cette tour « continuellement n’est autre chosequ’une cuve de larrons et ne porte proffilt de nul, fors à ladestruction des subgiez d’une et d’autre part ». Plusieursmarchands castillans ont à se plaindre d’une injustice com-mise à leur égard : Henri appelle sur ce point l’attentionde Charles VII. Il lui signale aussi un fait déjà mentionné, àla conférence de Gannat : lorsqu’en 1452, Bordeaux fut' assiégé par Talbot, il y avait dans le port trois navires espa-gnols chargés de vins et d’autres marchandises, munis desauf-conduits du roi d’Angleterre. Les Anglais enjoignirentaux patrons de ces navires de se retirer, moyennant quoi ilne leur serait porté aucun dommage. Mais le sénéchal deGuyenne, voyant le danger que courait Bordeaux, ordonna dela part du roi de France aux Espagnols de prendre les armeset de contribuer à la défense de la cité, promettant une in-demnité en cas de malheur. Les Castillans obéirent à cetteinjonction et combattirent les Anglais : la ville fut prise etleurs navires capturés. Charles VII avait dit à D. JuanManuel qu’il ordonnerait au maréchal de Xaiutrailles de faireune enquête sur cet incident, afin de dédommager ces mar-chands s’il y avait lieu ; quatre ans se sont écoulés depuiscette époque et aucun résultat n’a été obtenu : le roi estinstamment prié d'y pourvoir 2 .
Nous possédons le texte des réponses qui furent faites aux
1. Pierre du Reffuge, général des finances, mentionné par M. de Beau-court (op. cil., t. VI, pp. 188 et 351).
2. Ms. lat. 6021, fol. 128-131.