90 RENOUVELLEMENT DE L'ALLIANCE (1155)
durant lequel les délégués de Charles VII eurent l’honneurde la table des souverains. Le mariage eut lieu le dimanchede la Pentecôte : la bénédiction nuptiale fut donnée auxépoux dans la chapelle privée par l’évêque élu de Mon-dohedo. Ensuite, le roi et la reine, suivis de toute la cour,traversèrent la ville et assistèrent dans la cathédrale à unemesse solennelle célébrée par l’archevêque de Tours 1 .
Peu de temps après son mariage, Henri II partit pourune expédition contre les Maures; mais auparavant, il donnaaudience aux ambassadeurs français en présence des gens deson conseil et de tous les Grands. L’archevêque prit la paroleet, dans une longue harangue latine, il exprima la douleurqu’avait causée à son maître la fin de Jean II, la joie qu’ilavait ressentie à l’annonce de l'heureux avènement de sonsuccesseur, puis il demanda le renouvellement des alliances.En quelques mots, le roi remercia Jean 111 Bernard et luidit do remettre ses instructions au docteur Fernan Diaz deToledo, son « relator », qui les examinerait et lui en rendraitcompte à son retour de la guerre 2 . Un certain nombre degentilshommes français, venus en Espagne avec les ambas-sadeurs, supplièrent Henri de leur permettre de prendrepart à l’expédition contre les infidèles ; le roi, accédant àleur désir, leur fit donner des chevaux, des armes et tout lenécessaire pour une campagne ; Iiïigo Itarceo fut spéciale-ment chargé de les accompagner. L’expédition ne dura paslongtemps : au bout de dix-huit jours, Henri IV était de retourà Cordoue. Le 10 juillet 1455, il désignait 1). Inigo Lopez deMendoza, marquis de Santillana, et D. JuanPaclieco, marquisde Villena 3 , pour rédiger, d’accord aA-ec les ambassadeurs
1. Memorial de diversas hazanas, éd. cit., t. III, pp. 7, col. 2 et 8,col. 1.
2. Ibidem, p. 8, col. 1.
3. Inigo Lopez de Mendoza, fils cadet de Diego Ilurtado de Mendoza,almirante de Castille, et de D a Lconor de la Vega, né le 19 août 1398.fut créé marquis de Santillana en 1145 et mourut le 25 mars 1458. Ildoit sa renommée à ses talents poétiques et à l’influence considérablequ’il exerça sur la littérature castillane du xv G siècle (Cf. Claro,i va-rones de Fernando de Pulgar, Madrid, 1789, p. 32 et infra).
D. Juan Pacheco,grand-maitre de Santiago, était fils d’Alfonso TellezGiron, et petit-fils d’un des seigneurs portugais qui passèrent auservice de Jean I. Sa faveur commença en 1440 sous Jean II, quile créa en 1445 marquis de Villena. Pendant le règne de Henri IV,bien qu’il ait suivi quelque temps le parti de l’infant D. Âlfonso, il fut