UÉCbAMATIONS DU IIOI DE CASTII.l.K
07
français, les pactes d’amitié, et en personne, le même jour,dans la cathédrale, il approuva le nouveau traité et jura del’observer 1 . L’archevêque de Tours et ses compagnons furentcongédiés et gratifiés de chevaux, de mules, d’étoffes de soieet de brocard*.
Signalons, au cours de cette année 1455, deux réclamationsadressées par le roi de Castille à Charles VII, au sujet demarchands espagnols qui avaient été injustement dépouillésen France 3 . D’autres difficultés restaient à résoudre, concer-nant les sauf-conduits à accorder aux Anglais et aux Alle-mands, ainsi que les privilèges des commerçants castillans,victimes d’abus de pouvoir de la part des officiers royaux ;enfin des différends s’étaient élevés entre les habitants desdeux rives de la Bidassoa, à propos d’une tour que le roi deFrance avait fait construire. Le 10 janvier 1456, étant àAvila, Henri IV chargea trois de ses conseillers, OrtunVelasquez de Cuellar, D. Juan Manuel et le docteur AlfonsoAlvarez, de régler toutes ces questions ; ils apportaient enoutre la ratification du traité de Cordoue et devaient recevoirle serment du roi de France'*. On leur avait confié une lettredatée de Ségovie, le 3 février 1456, où le roi de Castille fai-sait savoir à son allié le bon état de sa santé et le priait delui envoyer de ses nouvelles 5 . Nous ignorons à quel résultatprécis onaboutit ; des documents postérieurs nous apprennentque les litiges qui troublaient la bonne harmonie des sujetsdes deux princes furent apaisés par une convention signéeà Gannat en 1456, mais dont les conditions ne nous sontpoint parvenues.
On apprit en Espagne qu’une querelle avait éclaté entreCharles VII et le Dauphin, et que celui-ci ayant quitté la cour
et resta jusqu’à la fin un des conseillers les plus influents et les plusécoutés delà couronne. Il mourut le 4 octobre 1474. Il se montra par-tisan dévoué sinon désintéressé de l’alliance française. I.ouis XI parlede lui dans une de ses lettres comme d’un homme sûr (V. Lettres deLouis XL, éd. Vaësen, t. IV, p. 51) : il se l’était attaché en promettantde donner une de ses filles pour femme à D. Pedro de Porto Carrero,fils du marquis (Cf. Coleecion diplomàtica de la crônica de D. En-riquelV, p. 290).
1. Arch. nat., J. 604, n° 80 bis.
2. Memorial de diversas hazanas, éd. cit., p. 10.
3. Ms. lat. 6024, fol. 9 et fol. 108.
4. Ms. lat. 5956 a , fol. 221 et 222. pièce just. n° 66.
5. Ms. lat. 6024, fol. 113.
Daujiet. Fronce cl Castille.
7