ltEXOUVEU.EMENT DE L’ALUANOE l U55) 95
modifier les conventions passées jadis entre Henri II etCharles V. Il fut décidé, en effet, que les Espagnols pourraientse rendre librement en Angleterre avec une licence de leur sou-verain ; ce prince aurait, de son côté, la faculté de donner chaqueannée sauf-conduit à vingt navires anglais pour venir dansson royaume sans en rendre compte à personne. Charles VII,au contraire, s’engageait à n’accorder ni par lui-même,ni par son amiral, ni par ses capitaines, aucune sûreté ousauf-conduit à un bateau anglais pour aborder dans un portfrançais avec gens et marchandises, sans avoir au préalableobtenu le consentement du roi de Castille ou de son déléerué.
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Inigo Darceo, regidor de Burgos, boursier d’Espagne, cetespagnol établi en France que nous avons vu mêlé aux négo-ciations des deux couronnes sous le règne de Jean II, futdésigné par les ambassadeurs et chargé d’apposer un visaau dos des sauf-conduits donnés à des Anglais par le roi deFrance ou ses officiers 1 .
Quant au traité d’alliance, c’est en Castille qu’il fut solen-nellement renouvelé. Charles VII, par acte daté de Mehun-sur-Yèvre, le 20 janvier 1455 (n. st.) délégua pour le repré-senter Jean III Bernard, archevêque de Tours, Gérard LeBoursier, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel, IfiigoDarceo, Guillaume d’Estaing, chevalier, sénéchal de Rouer-gue, et le secrétaire Nicolas du Breuil 2 . Ces personnagesarrivèrent à la cour de Henri IV au moment où ce prince,dont le premier mariage demeuré stérile avait été annulé,allait épouser D a Juana de Portugal et s’était rendu àCordouepour y recevoir sa fiancée. C’est dans cette ville qu’il trouvales ambassadeurs français. Les affaires qui les amenaient enEspagne furent nécessairement ajournées, mais ils assistèrentaux cérémonies, aux fêtes célébrées à l’occasion des nocesroyales et furent traités avec les plus grands égards. C'estmême l’archevêque* de Tours qui mit la main de la jeuneprincesse dans celle du roi, accomplissant ainsi la cérémoniedes fiançailles ; après quoi, on servit un souper magnifique
rédigé le 10 juillet 1155 (Arch. nat., J. 604, n° 80 bis), nous croyonsplutôt que ce renouvellement n’eut lieu qu’en Castille.
1. Chronique dite d’Alonso de Palencia. Bibl. nat., ms.espagnol 112,fol. 2 y», fol. 3 r°.
2. Arcli. nat., J. GO V, n° 80 bis.