NÉGOCIATION'» DU 1150
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ses armes, il avait préféré attendre une victoire complète.D’ailleurs, le roi de France ne supposait pas que les mar-chands de Castille eussent osé aller en Angleterre, car lamauvaise foi de cette nation, son manque de scrupules àobserver les engagements pris sont depuis longtemps connus.Du reste, la notification officielle d’une guerre prévue par lestraités ne doit s’entendre que d’une guerre nouvelle : or,avec les Anglais, les hostilités durent depuis trente ans.Quant au reproche fait par Jean II à son allié de ne l’avoirpoint soutenu dans sa lutte contre la Navarre et l’Aragon, ilest injuste, car chacun sait que le roi de France a eu lui-même beaucoup d’ennemis à combattre ; le roi de Castille,sollicité de même, a allégué sa guerre contre les Maures. LesEspagnols se plaignent que de nouvelles taxes leur sont im-posées : ils ont tort, car Charles YII a refusé au contraire ason argentier de laisser adjuger la « marque » sur les Castil-lans 1 ; il a seulement fait percevoir dans tous les ports deFrance un droit de « truagium », et on cessera de l’exiger dèsque l’argentier sera remboursé. — Ces raisons ne parvinrentpas à convaincre complètement Jean II ; il consentit pourtantà faire publier la guerre contre les Anglais sur terre et surmer par tout son royaume ; il observait toutefois que « sepourrait bien excuser de faire ce qu’ilz demandent, mesme-ment selon ce qu’il y a a présent grans nécessitez qui survien-nent. tant avec les Sarrasins ennemis la sainte foy
catholique.comme es autres roys et royaumes chrestiens
ses voisins que a aucuns rebelles et désobéissans de ses vas-saulx et subgiez. »
Dans sa première réponse, le roi de Castille affirmait queles privilèges accordés en France aux marchands de sonpays, l’avaient été en récompense de services rendus. Lesambassadeurs de Charles YII protestèrent contre une pareilleallégation : l’octroi de ces avantages a été purement gracieux,et un des souverains de l’Espagne l’a sollicité ; ils ne cons-tituent pas un profit, comme on l’a prétendu, mais une perte
1. Le droit de marque ou de représailles est le « droit concédé à unparticulier par l’autorité souveraine, dont il est le sujet, de reprendremême par la force son bien ou l’équivalent de son bien sur un étran-ger et les concitoyens de cet étranger, lorsqu’il n’a pu obtenir justicepar les voies judiciaires du pays de son adversaire» (René de Mas-Latrie, Druil de marque au moyen âge, p. ' j )-