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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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Ou priait aussi le roi dEspagne dapaiser la querelle quiavait éclaté entre ses sujets et les marchands dAllemagne,querelle dont la conséquence était dempêcher ces derniersde venir à La Rochelle, au grand détriment des intérêtsfrançais. On le requérait de défendre aux Castillans sous lespeines les plus sévères de causer aucun dommage aux Alle-mands. Jean II se horna à répliquer quil navait jamaisentendu parler des disputes auxquelles il était fait allusion.Enfin, à la demande quon lui adressait darmer des vaisseauxqui, réunis à ceux du roi de France et du duc de Bretagne,protégeraient les navires de commerce contre les Anglais, leprince promettait den délibérer. Le 24 août 1450, il annon-çait à Charles VII quil envoyait vers lui Iiligo Darceo afinde lentretenir de diverses questions relatives à D. Carlos,prince de Viana 1 . Il est probable que cet Ifiigo rapportaégalement en France les réponses de Jean II, réponses engrande partie évasives, comme on la vu, et qui nefurent point jugées satisfaisantes. Aussi, crut-on utile din-sister, et de no pas laisser passer sans y répliquer certainesallégations du roi de Castille 2 .

Los délégués français justifièrent dabord la reprise deshostilités contre les Anglais ; ceux-ci, loin dobserver lestrêves, les ont constamment violées. Il est vrai que le traiténoblige point Jean II à donner la lettre quon lui demande,mais cest une chose très naturelle erntre alliés. Sur cepoint, les ambassadeurs eurent gain de cause, mais le souve-rain espagnol tint à faire constater que la rupture de latrêve ne lui avait point été notifiée officiellement ; il revintsur le dommage éprouvé par ses sujets et la réparation queCharles VII leur devait pour ce motif.

Le roi avait promis dordonner aux Espagnols de faireguerre aux Anglais, mais il ne sétait point engagé lui-même.Les envoyés français sen plaignirent et sollicitèrent uneréponse plus claire. Puis, ils excusèrent leur maître denavoir point annoncé plus tôt que la trêve était rompue ; ilavait voulu sacquitter de ce devoir au moment il entra enNormandie, mais, voyant le bon succès, accordé par Dieu à

1. Ms. lat. 6024, fol. 90.

2. Ibidem, fol. 66-71, les répliques du roi de Castille sont contenuesdans les fol. 74-76.