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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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NÉGOCIATIONS DE 1450

pour le royaume de France. Ils ajoutèrent que, toute révérencegardée, il y avait mauvaise grâce à rappeler constamment sesbienfaits. Il semble, en outre, établi que les Espagnols sonttoujours bien reçus à la Rochelle. On avait demandé à Jean II,comme nous lavons vu, daccorder des privilèges aux com-merçants français, à quoi il avait été répliqué que personnene payait détaxés en Biscaye: quel avantage a dès lors laFrance sur les autres nations ? Mais le roi dit quil étaitinutile de revenir sur ce sujet: on en avait traité longuement,lors du renouvellement des alliances, et on avait reconnu lachose impossible « pour plusieurs légitimes raisons ». Il étaitcertain, selon lui, que les Castillans avaient à subir en Francemille vexations et il lui semblait opportun de nommer départet dautre des arbitres qui décideraient qui avait raison ; enattendant que la question fût tranchée, il demandait quelexercice du droit de marque cessât aussitôt et quaucunetaxe nouvelle ne fut imposée à ses sujets.

Les ambassadeurs français affirmèrent que Jean II ne pou-vait ignorer la querelle des Espagnols et des Allemands, puis-quil avait approuvé un traité conclu entre eux, qui était sidésavantageux pour ces derniers, quils étaient absolumentempêchés de venir à la Rochelle, et cela au grand préjudicede la France. On y stipulait en effet que les Allemands, pour-raient amener des marchandises dans ce port, mais quil leurétait interdit dy prendre cargaison. Il en résultait que lex-portation des vins avait sensiblement diminué, et que les Cas-tillans nayant plus de concurrence à redouter avaient élevédans des proportions considérables le prix du fret. A cesraisons, le roi répondit seulement que les Allemands nétantpoint sujets de Charles VII, celui-ci navait rien à voir dansles traités quils faisaient avec les Espagnols.

En ce qui touchait la flotte à entretenir de concert avec leroi de France et le duc de Bretagne, Jean II allait ordonnerune enquête auprès de ses sujets des côtes « pour soy infor-mer en quel maniéré se pourroit mettre en effect le plus tostquil se pourra faire ».

Le 12 novembre 1450, à Arevalo, le souverain de Castilleremit à Gérard Le Boursier et à Inigo Darceo une lettrescellée de son grand sceau dans laquelle il déclarait consi-dérer comme sienne la guerre que Charles VII menait contreles Anglais pour recouvrer son duché de Guyenne ; mais il