NÉGOCIATIONS II G HoO
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s’emparer de la Guyenne et des autres parties du royaumequi sont encore aux mains des ennemis. —■ Jean II répon-dit qu’il était très joyeux de savoir « la bonne victoire etconqueste que par là grâce Dieu ledit Roy de France sonfrere et alyé a eu contre les Anglois » et qu’il serait plussatisfait encore lorsqu’on lui annoncerait la reprise totale dela Guyenne; quant à ce qu’on demande de lui, il répliquaqu’il n’était point tenu par les traités de « faire telle accepta-tion ne donner pour ce lettres » ; c’était d’ailleurs inutile puis-que le texte de l’alliance dit expressément que « chacun desltoys doit avoir la guerre l’un de l’autre comme sienne propreainsi que le Roy a eu et a pour propre la guerre de son ditfrere contre lesdiz Anglois, selon qu’il est a tous notoire etl’expérience l’a ainsi monstré et le monstre ».
En second lieu, les envoyés de France demandèrent àJean II d’ordonner à ses sujets de faire guerre aux Anglais etde leur nuire par tous les moyens possibles. — Le roi y con-sentit; mais il observait que la rupture delà trêve de 1444ne lui avait point été notifiée en temps utile ; il se plaignaitde ce retard qui avait causé aux Castillans les plus gravesdommages, attendu qu’ils commerçaient sous la sûreté decette trêve et qu’ils avaient été fort maltraités par lesAnglais ; de ce chef, le roi de France leur devait des indem-nités. Poursuivant ses récriminations, il rappelait qu’iln’avait obtenu aucun secours de son allié alors qu’il com-battait les rois d’Aragon et de Navarre. Il vantait aussi lemérite qu’il avait eu de rester fidèle à l'amitié française,lorsque le roi d’Angleterre qui était « son prochain parent,comme chacun scet », lui offrit des forces considérables pourconquérir Grenade. 11 réclamait enfin contre des taxes nou-velles imposées à ses sujets en France par l’argentier deCharles VII.
Gérard Le Boursier et son compagnon sollicitaient pourles négociants français des avantages analogues à ceux dontles marchands espagnols jouissaient dans le royaume. —Jean II répondit que ces privilèges avaient été octroyés auxCastillans très anciennement, en reconnaissance des servicesqu’ils avaient rendus à la France et aussi afin de les détour-ner de l’Angleterre. Au reste, en Biscaye, où les Françaisse rendaient principalement, aucun impôt n’était prélevésur eux.