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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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RÉPONSE RE JEAN II

Jean II consent volontiers à la trêve ; en ce qui concerne la paixdéfinitive, il en a délibéré avec son conseil, et considérant« que la paix [qui] est chose principalement commandée parNostre Seigneur, doit estre espécialment par touz loyaulx chres-tiens désirée et procurée comme celle par qui tant de servicesse font a Dieu et est commune utilité a tout le peuple chres-tien, il lui semble quil se doit faire et de ce aura grant joye,prie affectueusement au Roy que ce qui traitté sera sur lefait de la dite paix, le vueille communiquer et notifier ». Ilpromet de son côté de tenir Charles VII au courant de ce quilfera avec les rois dAragon et de Navarre. Il se plaint de lingra-titude de l'infant D. Enriquo et insiste en faveur du comtedArmagnac. En outre, craignant que le comte de Foix nesunisse au roi de Navarre pour lui faire la guerre, « laquellechose seroit aller directement contre les aliances et confé-déracions jurées », il prie Charles VII de « deffendre estroi-tement et sur grosses paines a touz ses subgez et naturels »,et particulièrement au comte de Foix, de donner aide ni« confort audit Roy de Navarre ne a ceulx de son party ».

Jean II étant devenu veuf en 1445 aurait désiré, si lon encroit son chroniqueur, épouser une des filles du roi deFrance *, mais le connétable D. Alvaro de Luna conclut pourson maître un mariage avec une princesse portugaise, et leroi, toujours faible, finit par y consentir, non sans manifesterson déplaisir.

Pour la fin du règne de ce prince, nous ne possédons quele texte de diverses demandes adressées par Charles VII, etles réponses qui y furent données. On y sent percer une cer-taine aigreur, et les deux alliés ne se font pas faute de laisseréchapper des récriminations.

Dans le courant de 1450, Gérard Le Boursier et IiligoDarceo furent envoyés en Castille 1 2 . Ils venaient de la part deleur maître prier le roi de vouloir bien déclarer, par une lettrescellée de son grand sceau, quil approuvait et considéraitcomme sienne la guerre faite aux Anglais par Charles pourreconquérir la Normandie et celle quil entreprendra pour

1. La Crônica (éd. cit., p. 633, col. 2) dit que Jean II aurait voulupour femme « Madama Ragunda»; Charles VII eut en effet une filledu nom de Radegonde, mais elle mourut en 1444. Cest donc à uneautre fille du roi de France que dut songer le roi de Castille.

2. Ms. latin 6024, fol. 61-65, pièces just. n ()S 63 et 64.