NOTIFICATION DE LA TI1ÊVE DE TOUI1S (lili'l 87
pour le prier de mettre en liberté Jean IV et ses enfants.Avant de donner une réponse, Charles qui se trouvait à Nancydifféra quarante jours. Enfin, il fit dire à l’ambassadeur espa-gnol que les torts du comte étaient tels qu’il ne pouvait luipardonner sans danger. Mais Diego de Valera insista si bien quele roi de France, par considération pour Jean II, se relâchaquelque peu de sa sévérité première : il consentit à délivrerJean IV à condition que le roi de Castille lui enverrait sapromesse scellée de son sceau d’attaquer lui-même le comteet de lui enlever ses domaines de Cangas et Tineo s’il serendait à l’avenir coupable de quelque faute contre la cou-ronne. Diego de Valera partit pour Carcassonne où Jean IV étaitdétenu, le vit plusieurs fois et rentra en Espagne. Son maître,satisfait de la solution de cette affaire, voulait renvoyerimmédiatement en France le même ambassadeur, afin deportera Charles VII la promesse demandée; mais D. Alvarode Luna fit charger de ce soin un chevalier de sa maison,D. Alonso de Brigianos 1 2 .
Au cours de la même année 1444, Jean Le Boursier et un certainIfiigo Darceo, sans doute un Espagnol établi en France, vin-rent en Castille au moment où le roi venait de se soustraire à lacaptivité où le roi de Navarre et les infants rebelles le gar-daient. Charles VII avait été informé de la situation de sonallié, et, par ses lettres, lui offrait de travailler à sa délivrance.Ses envoyés étaient également chargés de notifier à Jean IIqu’une trêve de deux ans avait-été conclue à Tours, le 28 mai1444, avec les Anglais, et de lui demander de l’accepter ; ilsdevaient aussi le consulter sur l’opportunité qu’il y aurait àsigner une paix définitive. D. Alonso de Brigianos, qui por-tait à Charles la caution du comte d’Armagnac, et le mêmeIfiigo Darceo, qui, comme on le voit, servait successivementd’intermédiaire aux deux princes, furent dépêchés en Franceafin de répondre au nom du roi de Castille. Ils devaientremercier le souverain français de l’offre qu’il avait faite dedélivrer son allié, mais lui dire qu’actuellement « par la grâcede Dieu », sa captivité est finie et qu’il est en « pléniaire livreté 5 ».
1. Cran ira, éd. cit., pp. 618 et 619. A propos du comte d'Armagnacet des lettres d’abolition qui lui furent accordées, Cf. Ileaucourt, op.cit., t. IV, pp. lO'i et .105.
2. Ms. lat,. 5956», fol. 108 et 139.