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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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MAKI AU IC DU L’INFANT I). FNKltJUE

Pendant ce temps, les négociations entamées dans le but d’a-mener un accord entre le roi de Castille et le duc de Lancastreavaient abouti : la fille de celui-ci avait été fiancée à l’infantP. Enrique 1 . Charles VI était à Reims le jour de la Toussaint1388, lorsque lui parvint cette nouvelle. Le duc de Berryavait recherché pour lui-même la main de Catherine de Lan-castre ; aussi, si nous en croyons Froissart, le roi le plai-santa-t-il, lui disant: « Beaulx oncles, vous avez failly àvostre intention. Ung autre vous dépaisse de la femme quevous cuidiés avoir. Qu’en dites-vous? Que vous en dit le cou-rage ? » Le duc de Berry répondit : « Monseigneur, si j’ay,failly, je redrescherai ailleurs » 2 . Une question bien autre-ment grave se posait cependant : le mariage de l’héritier deJean I 01 ' avec une princesse anglaise n’allait-il pas avoir pourrésultat d’amener un changement dans la politique espagnole?A la cour de France, on ne dissimula pas une grande inquiétudeet on considéra cette union comme une sorte de trahison de lapart du roi de Castille. Le chroniqueur se fait l’écho peut-êtreexagéré des réflexions qui s’échangeaient dans l’entourage de

Charles VI: «.Se il advenoit que Angleterre, Castille et

Portingal estoient d’un accord et d’une alliance, ces troisroiaulines par mer et par terre feroient ung grant fait etpourroient moult donner a faire de guerre au roiaulme deFrance. Ce seroit bon que le roy y envoiast et alast au devant,par quoy ce mescheant roy d’Espaigne qui se accorde et alye

maintenant à ung homme mort. ne devroit faire nul

traittiés ne nuis accords sans le sceu et conseil du roy deFrance, et se autrement il le faisoit, le Roy lui mandast bienque il le ferait aussi petit varlet que il l’avoit fait grand sei-gneur.et boutast hors ce meschant Roy fils d’un batard

du roiaulme de Castille, et le donnast à son frère le duc deThouraine qui n’a pas à présent moult grant lieritaige, il legouvernerait et garderait bien et sagement. Mais commenta-t-il osé faire nul traittié d’accord ne de paix ni d’allianceau duc de Lancastre sans le sceu et consentement du Royqui l’a tant prisié, aydié et avancié que il eust perdu sonroiaulme, il n’est pas doubte, se la puissance et' le sang de

1. Crônica, éd. cil., p. 118 et infra.

2. Fruissart, éd. Kervyn de Lettenliove, t. XIII, p. 278.