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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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France 11eust été? Certes, il marchande bien et ja a mar-chandé, mais que il soit ainsi que on dit de luy honnir etdéserter, et pour Dieu que on se délivre de lui bien remons-trer et par homme si créable que en lui remonstrant, ilcognoisse ce quil a meffait . 1 » Dans lexpression de ces senti-ments que le mariage de Catherine de Lancastre avec lhéri-tier du trône de Castille faisait naître dans les esprits, ilconvient de laisser une part à limagination du chroniqueur ;entre autres choses, le projet de chasser Jean I or et de mettreà sa place le duc de Touraine était insensé. Ce quil importede retenir, cest que lon fut en France dautant plus indignéde ce quon considéra comme une perfidie, quon y étaitmoins préparé, et, ainsi quil arrive toujours en pareil cas àceux qui croient leurs bons offices payés dingratitude, onsexagéra limportance des services rendus à la Castille.Certes, le roi de France avait puissamment aidé Henri IIà semparer du trône et avait, dans la guerre contre le Por-tugal, montré un grand désir dêtre utile à son allié ; mais onoubliait que ces services avaient été payés de retour et queles flottes espagnoles navaient cessé do prêter leur appuidans la lutte contre lAngleterre. Pour être juste, on doitreconnaître que le mariage de la petite-fille de Pierre I oravec le petit-fils du comte de Trastamara était pour la Cas-tille un événement heureux, puisquil écartait à jamais toutecompétition entre les deux branches de la descendancedAlphonse XI. On pourrait seulement reprocher à Jean I erde navoir point annoncé cette nouvelle à son allié, en lac-compagnant dassurances amicales. Le roi de Castille aurait prévoir ces susceptibilités et les faire cesser aussitôt, endéclarant que lunion de son fils avec une princesse anglaisene changerait rien aux relations cordiales des deux couronnes.Lexplosion de colère qui se produisit à la cour de Francefut donc très naturelle, en même temps que très exagérée.

Quoi quil en soit, le conseil se réunit, et on décida den-voyer en Espagne un ambassadeur pour faire des représen-tations « et fut bien dit que il y convenoit homme hardi etbien enlangagié qui sagement et vaillamment remonstrat laparole du Roy : on navoit que faire de y envoier simple-

1. Froissart. éd. cit., t. XIII, pp. 279 et 280.