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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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CHARLES VI SECOURT JEAN I " 1

pies, il lui donna le conseil de ranger ses troupes avec mé-thode et de forcer ses chevaliers à combattre en bonordre. Jean I er reconnut la sagesse de ces avis, mais la plu-part de ceux qui lentouraient sen moquèrent, et les Espa-gnols, qualifiant cette prudence de couardise, se précipitèrentsur leurs ennemis pêle-mêle et au hasard. On sait quel fut ledésastreux résultat de cette journée : non seulement le Por-tugal était définitivement perdu, mais encore la Castille allaitêtre envahie par le maître dAvis, soutenu par les Anglais eten particulier par le duc de Lancastre, qui crut loccasionbonne pour revendiquer de nouveau les droits de sa femme,linfante D a Constanza, fille de Pierre le Cruel.

Dans ce péril, Jean fit appel à son allié le roi de France 1 :il lui envoya aussitôt des messagers chargés de lui apprendresa défaite et de lui faire connaître que le maître dAvis,qui se disait roi de Portugal, recherchait lappui de lAngle-terre. Charles VI avertit les ambassadeurs quil allait tenirconseil sur ce quil convenait de faire avec ses onclesles ducs de Berry et de Bourgogne, et quil leur donneraitréponse sous peu. 11 leur exprima toute la peine que lui causaitléchec subi par son allié; il engageait celui-ci à reprendrecourage, à considérer que le sort des batailles était entre lesmains de Dieu, que beaucoup de grands princes avaient étévaincus sans être déshonorés pour cela, et que plus tard lavictoire leur était revenue. Charles VI promettait denvoyerdes secours en Castille, deux mille lances et cent mille francsdor. Les messagers de Jean I er remercièrent le roi de Franceet revinrent auprès de leur maître.

On désigna, en effet, pour se rendre en Espagne avecmille combattants, Pierre de Villaines et Olivier Duguesclin 2 .Larrivée de ce renfort causa une grande joie au roi de Cas-tille qui établit ces hommes darmes dans diverses villes for-tifiées. Les nouvelles quon recevait de Portugal étaientinquiétantes : on annonçait que le maître dAvis et le duc deLancastre allaient envahir la Galice. Les chevaliers françaisqui étaient à Valladolid auprès de Jean I er sefforçaient dele rassurer en lui parlant des armements que lon faisait enFrance, de « larmée de mer qui sappareille à lEsclusc, si

1. Crùnica, éd. cit., p. 107, col. 2, 108, col. 1 et 2.

2. Iieligimx de Saint-Denis, éd. cit., t. I, p. 440.