CHARLES VI SECOURT JEAN T
49
grande et si grosse faite pour aller en Angleterre, et misesurtout pour rompre le pourpos du duc de Lancastre *».Néanmoins, ce prince avait débarqué dans la péninsule ets’était joint au roi de Portugal. Avant de combattre, onessaya de traiter : des conférences se tinrent à Orense, dansle courant de 1386. Le roi de Castille avait, suivant la teneurdu traité, informé le roi de France de ces pourparlers en lepriant d’envoyer des plénipotentiaires. A Amiens, le 11 sep-tembre 1386 2 , Charles VI désigna pour le représenter enEspagne Jean, sire de Foleville, maître Robert Cordelier etle secrétaire Thibaut Hocie, archidiacre de Dunois, lesmémos qui avaient négocié le renouvellement des alliancesen 1381. Il leur confiait pleins pouvoirs pour accepter en sonnom la paix qui serait conclue « pourveu que les traittiez,confédéracions et alliances qui, comme dit est, sont entre nouset nostre dit frère demeurent toujours en leur estât et vertu ».Nous ne savons si ces procureurs arrivèrent à temps pourprendre part aux négociations, qui d’ailleurs furent rompues,car le Portugais et l’Anglais unis envahirent la Castille.
Cependant, en France, on organisait le secours promis àJean I or ; mais les difficultés étaient considérables : « or n’ypovoit on envoier gens fors a grans coustages; car le cheminest moult long et se n’y avoit point d’argent au trésor duRoy 3 ». On dut recourir à de nouvelles impositions : « pour-quoy une taille fut advisée a faire parmi le roiaulme deFrance à payer tantost, et disoit-on que c’estoit pour récon-forter le Roy de Castille et pour mettre les Anglais hors de sonpays 4 ». Le duc Louis de Bourbon, qui connaissait l’Espagne,fut chargé de conduire l’expédition; mais comme il n’étaitpoint prêt à partir sur-le-champ, on résolut d’envoyer sansplus tarder une avant-garde de deux mille hommes d’armessous le commandement de deux chevaliers, Guillaume deNaillac et Gaucher de Passac. Le 5 février 1387, ils prirentl’engagement de mener en Castille ces deux mille hommesmoyennant une somme de cent mille francs payable en troistermes : trente mille francs immédiatement comptés à Paris,
1. Froissart, éd. Kervyn de Lettenhove, t. XI, p. 401.
2. Arch. nat., J. 603, n° 64, pièce just. n° 34.
3. Froissart, éd. Kervyn de Lettenhove, t. XII, p. 66.
4. Ibidem.
4
TUumet. France el Caslille.