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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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AFFAIRE DE PORTUGAL

En effet, nous constatons quen 1382, la flotte castillane prêtason concours contre lAngleterre. Les ennemis, occupaientune île voisine de La Rochelle : bloqués par les Espagnols,la famine les força à capituler. La garnison eut la vie sauveet la liberté : on lui imposa comme seule condition de sabs-tenir pendant trois ans de porter les armes contre la France.Le Religieux de Saint-Denis qui rapporte cet épisode sin-digne de la mansuétude du roi de Castille : parmi ces Anglais,dit-il, étaient les plus nobles du royaume, et sils eussentété gardés prisonniers, on se fût trouvé dans des conditionsbeaucoup plus avantageuses pour traiter avec lxûngleterredune paix définitive 1 .

En 1385, deux chevaliers et un docteur dont les noms nenous sont point parvenus, vinrent à Séville de la part deCharles VI auprès de Jean I or . Ils linformèrent quuneimportante expédition se préparait contre lAngleterre, et lepi'ièrent au nom de leur maître dy prendre part en fournis-sant un secours maritime 2 . Mais le moment était peu favo-rable, car le roi de Castille qui, en 1383, avait épousé ensecondes noces D a Beatriz, fille de Ferdinand, faisait valoiraprès la mort de son beau-père les droits de sa femme, etavait pris déjà le titre de roi de Portugal. Son compétiteurétait D. Juan, grand-maître de lOrdre dAvis, fils naturelde Pierre I 01 '. Le souverain castillan sexcusa de ne pou-voir agir en faveur de son allié, mais il ajouta quil avait foien Dieu que la conquête du Portugal serait rapide, et qualorsil viendrait bien volontiers en aide à Charles VI. Les am-bassadeurs français le remercièrent au nom de leur maître deses intentions pour lavenir. Jean I er entra en effet, peu detemps après, dans le royaume dont il convoitait la possession;mais il essuya, en 1385, une défaite complète à Aljubarrota.Le chroniqueur raconte 3 quun vieux chevalier français, mes-sire Jean de Rye, laccompagnait dans cette expédition. Lesdispositions de la noblesse espagnole se préparant à attaquerles Portugais lui rappelèrent la présomption des Françaisavant Crécy et Poitiers. Citant au roi ces malheureux exern-

1. Chronique du Religieux de Saint-Denis, Coll, des documents iné-dits, t. I, p. 180.

2. Crânien, éd. cit., p. 93, col. 2.

3. Ibidem, pp. 103, col. 2 et 104, col. 1.