ü CONVENTION DU 4 FÉVRIER 1380
de huit galées à laquelle cinq galées portugaises s’étaientjointes en exécution des conventions faites avec Ferdinanden 1373 (voir plus haut), était armée dans le port de San-tander, et n’attendait qu’un ordre pour se porter au secoursde la France. A l’annonce de la mort de Henri II, le roi dePortugal crut l’occasion favorable pour se soustraire à l’obli-gation qui lui avait été imposée de fournir un contingent devaisseaux contre l’Angleterre, et il rappela ses galées. L’ami-ral qui commandait la flotte prévint aussitôt Jean I or qui luiprescrivit de partir quand môme avec les vaisseaux espagnols.L’expédition avait pour but, cette fois, d’agir contre la Bre-tagne dont le duc, Jean de Montfort, était l’allié des Anglais'.
En vertu d’un pouvoir donné par le roi, le 26 octobre1379, à Burgos, deux ambassadeurs, castillans, Pedro Lopezde Ayala 2 et Juan Alfonso, docteur ès lois, vinrent àParis : abouchés avec un certain nombre de conseillers deCharles Y, ils rédigèrent, le 4 février 1380, une conventiondestinée à préparer une nouvelle expédition contre les An-glais 3 . On décidait que vingt galées d’Espagne se rendraient leplus tôt possible à La Rochelle : là, des gens du roi de Francedonneraient des ordres précis sur ce qui devrait être fait.On projetait de porter dommage à l’Angleterre par tous lesmoyens possibles, et en particulier d’attaquer les îles deJersey et Guernesey. Le roi de Castille se chargeait d’équiperconvenablement ces navires montés chacun par dix hommes
1. V. Terrier de Loray, op. cil., pp. 134 et 135.
2. D. Pedro Lopez de Ayala était fils de Fernan Perez de Ayala, ade-lantado de Murcie, client de D. Juan Alfonso de Alburqoerque. PedroLopez fut d’abord page de Pierre I er qu’il servit jusqu’en 1366. Il s’at-tacha ensuite à la fortune.du comte de Trastamara et de ses succes-seurs. Il fut fait prisonnier deux fois à Najera et à Aljubarrota, devint,sous Jean h 1 ', altérez mayor, sous Henri 111, grand chancelier de Cas-tille; il remplit en France diverses missions diplomatiques commeon le verra dans les pages qui suivent. C’était un des hommes les plusinstruits de l’Espagne au xiv c siècle : il traduisit divers auteurs latinset composa un traité de chasse. Il écrivit en outre, et c’est la partie laplus intéressante et la plus considérable de son œuvre, la chroniquedes règnes de Pierre 1 er , de Henri II, de Jean I er et peut-être deHenri III. ll mourut à Calahorra en 1407 à l’âge de 75 ans. (Cf. FernanPerez de Guzman, Generacionex y semblanzns , imprimée dans lesCrônicas de los Reyes de Castilla, éd. cit., t. II, p. 703 ; et Mérimée,op. cit., pp.' 2 et 3).
3. Arch. nat.. P. 2295, p. 625, imprimé par Terrier de Loray, op. cit.,pièce just. n° 67, p. lui.