CHAPITRE IV
JEAN I er( 1379 - 1390 )
Le chroniqueur D. Pedro Lopez de Ayala, contemporaindes faits qu’il rapporte, nous apprend que Henri il, à son litde mort, pria D. Juan Garcia Manrique, évêque de Sigiienza,grand chancelier, et ceux qui l’entouraient de recommanderà son fils Jean qui allait lui succéder : en premier lieu,de se conduire avec prudence dans la question du schismequi déchirait l’Église, en second lieu, de rester toujoursl’ami de la maison de France dont lui-même avait reçu tantde secours 1 . Déjà, dans son testament, rédigé à Burgos, le29 mai 1374, il avait fait au jeune prince la même prescriptionen ce qui concernait l’alliance française : « Otrosi mandamos aldicho Infante que guarde é tenga firmemente la paz é el huenamor que es puesto entre nos é el Rey de Francia é el DuqueDangeos su hermano ; é esto mismo que la guarda a su fijoheredero de la Casa de Francia bien y verdaderamente, se-gund que mejor é mas complidamente se contiene en lostratos é posturas que en uno avemos 2 ». Le nouveau roin’eut garde d’abandonner une politique qui avait été si fruc-tueuse pour les deux couronnes du vivant de son père, et ildonna sans tarder une preuve manifeste de l’intention où ilétait de marcher d’accord avec la France. Il envoya en effetà Charles V des messagers chargés d’annoncer la mort deHenri II et de renouveler les traités qui scellaient l’amitiéfranco-castillane 3 . Avant le décès du roi, une flotte composée
1. Crdnica de D. Enrique II, éd. cit., p. il , col. 2.
2. Testamento de D. Enrique Segundo, imprimé dans les Crâniens
de los Reyes de Caslilla, éd. cit., t. II, p. 42, col. 1 et 2. •
3. Crânien de I). Juan primero (Crâniens de lus Reyes de Caslilla),éd. cit., t. II, p. 67, col. 2.