ARMEMENT DE LA FLOTTE CASTILLANE 45
d’armes, trente arbalétriers, cent quatre-vingts marins, trois« comistres », six noguiers et un patron. La solde étaitfixée à douze cents francs par mois pour chaque galée, lesfrais étant partagés par moitié entre les deux souverains.Au l or mars, un délégué recevrait le montant de la quote-part afférente au roi de France, c’est-à-dire vingt-quatremille francs pour deux mois. Le service devait être comptéà partir du jour où la flotte quitterait la Castille ; le prix desdeux mois suivants serait payé à Harfleur. D’après l’habi-tude consacrée, on diviserait les prises par moitié. Danscet accord les détails matériels n’étaient pas oubliés : onpréparera « bannières, patinons et autres enseignemens deguerre, desquels sera la moityé des armes du Roy de Franceet l’autre moityé des armes du Roy de Castille, par telle ma-nière qu’es dix des dites galées seront les bannières du Royde France en pouppe et celles du Roy de Castille en proue,et es autres dix galées seront les bannières, pannons et en-seignemens du Roy de Castille en pouppe, et celles du Royde France en proue ».
Jean I or , après avoir rendu à son père les derniers honneursdans la cathédrale de Tolède, alla à Séville dans le courantde l’année 1380 1 , et surveilla lui-même l’armement de laflotte dont Ferrand Sanchez de Tovar devait prendre le com-mandement. C’est cette expédition maritime qui, ravageantsur son passage Winchelsea, Portsmouth et Hastings, pénétradans la Tamise, incendia Gravesend et porta la terreur jus-qu’à Londres 2 .
Cette année même, des messagers vinrent de la part deCharles Y, auprès de Jean I 01 ', apportant sans doute le textedes alliances renouvelées, comme nous l’avons dit plus haut,dès le début du règne. Ils étaient accompagnés de prélats etde docteurs chargés de conféi’er, au sujet du schisme qui dé-chirait l’Église, avec le roi de Castille, qui déclara son inten-tion de ne point se séparer sur ce point de son allié et de re-connaître Clément Y1I comme pape légitime 3 . Bientôt on
1. Crânien , éd. cit., p. 68.
2. Terrier de Loray, op. cit., pp. 150 et 151.
3. Crânien, éd. cit., p. 68, col. 1. 11 y avait eu déjà des négociationsengagées entre Charles V et Henri 11 à propos du schisme (V. Crâ-nien de I). Enrique II, éd. cit., pp. 35 et 36). Nous nous sommesabstenu d’en parler, et nous ne les mentionnerons pas dans la suite