TENTATIVE C.ONTRK RAYON.XK (1371)
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Lo duc de Lancastre, vers la fin de juillet 1373, avaitdébarqué à Calais avec une année importante ; il avait tra-versé une grande partie de la France, l’Artois, la Champagne,la Bourgogne, le Forez, l’Auvergne, et s’était dirigé surBordeaux. Charles V, fidèle à une tactique qui avait déjàréussi, s’était tenu partout sur la défensive; ses troupes,évitant d’engager le combat, s’étaient bornées à harceler unennemi que la désertion et les maladies avaient d’ailleursdécimé à tel point que six mille chevaux à peine arrivèrenten Guyenne. Cependant, le roi de Castile ne voyait pas sansinquiétude son compétiteur se rapprocher de l’Espagne.Aussi, au début de 1374, quittant l’Andalousie, avait-il ras-semblé à Bahares cinq mille lances, douze cents cavaliersarmés à la légère et cinq mille fantassins. Il apprit bientôt ledésastre de l’expédition anglaise, et il reçut en même tempsdes messagers du duc d’Anjou, lieutenant de Charles V enLanguedoc, l’invitant à profiter de l’occasion pour prendrel’offensive. 1 II lui proposait de porter l’effort commun contreBayonne. Henri II accéda d’autant plus volontiers à lademande de Louis d’Anjou, que les habitants de cette ville,sujets de l’Angleterre, causaient le plus grand dommage auxgens de Biscaye et de Guipuzcoa. Les troupes castillaness’acheminèrent aussitôt vers le nord sous le commandementdu roi. Mais, dans le pays difficile et montagneux qu’elledevait traverser, l’armée eut beaucoup à souffrir : les hommeset les bêtes perdant pied, roulaient dans les précipices ; lesvivres manquaient, car la route suivie par les convois étaitfréquemment coupée par les inondations. Enfin, après bien despertes, on arriva près de Bayonne; huit galées venues deSéville parurent devant le port afin de le bloquer. Les forcesespagnoles étaient alors si réduites qu’on ne pouvait engagerles opérations du siège sans le secours du duc d'Anjou, et ceprince ne venait pas. Impatient, Henri envoya à Toulouse,résidence de Louis, son « camarero mayor », D. Pero Fer-randez de Velasco, et un de ses conseillers, D. Juan Ramirezde Arellano, chevalier. Ces personnages informèrent le frèrede Charles V que leur maître était arrivé devant Bayonne àl’époque convenue ; ils lui exposèrent les difficultés que
1. Crônica, éd. cit., p. 22 et 23. Banares, prov. Logrono, dist. jud.de S. Domingo de la Calzada.