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TRÊVE DE BRUGES (1375)
l’armée avait eues à surmonter, et la situation précaire où ellese trouvait par suite du manque de vivres ; ils lui demandè-rent enfin quels étaient ses projets. Le duc s’excusa beau-coup de n’être pas venu au rendez-vous assigné, mais ilassiégeait la ville de Montauban, et on disait que les Anglaisse disposaient à secourir la place ; il ne pouvait donc s’éloi-gner. Quand les messagers eurent l’apporté cette réponse quienlevait toute espérance de recevoir les renforts promis,Henri II, voyant que, réduit à ses seules forces, il n’obtien-drait aucun résultat, leva aussitôt le siège de Bayonne, ra-mena son armée en Castille et la licencia 1 .
Si l’expédition contre Bayonne avait échoué, les Françaisavaient en revanche remporté dans la Guyenne des succèsnombreux et les Anglais étaient disposés à accepter unesuspension d’armes.
En 1375, Henri se trouvait à Séville, lorsqu’il reçutune lettre de Charles V l’informant que des trêves avec l’An-gleterre allaient être négociées à Bruges, et l’invitant à sefaire représenter aux conférences qui devaient y être tenues.D. Pero Ferrandez de Yelasco, « camarero mayor », etD.Alfonso Barrosa, évêque de Salamanque, furent désignéscomme commissaires. Ils s’embarquèrent au port de Bermeoen Biscaye avec l’intention d’aborder à La Rochelle, sur uneflottille composée de trois nefs armées 2 . A l’embouchure dela Gironde,, ils aperçurent deux navires qui se dirigeaient deleur côté. Pensant qu’on se disposait à les attaquer, lesEspagnols prirent brusquement l’offensive et se lancèrentsur les vaisseaux ennemis qui étaient sous les ordres du sirede Lesparre : celui-ci, voyant le mouvement des Castillans,leur fit crier qu’il y avait trêve entre la France, ses alliés etl’Angleterre, et qu’il n’avait à leur égard aucune intentionhostile. D. Pero Ferrandez persistait à croire que les Anglaisavaient voulu engager le combat, et, sans plus discuter, ils’empara des nefs du sire de Lesparre. Fiers de leur cap-ture, les ambassadeurs ajournèrent l'accomplissement de leur
1. Crânien, éd. cit., p. 23, col. 1 et 2. L’Histoire du Languedoc nementionne pas le siège de Montauban, mais seulement une expéditionentre août et octobre, qui fut marquée par la prise de La Réole. Cf. His-toire générale du Languedoc, nouvelle édition, t. IX, pp. 842-844.
2. Crânien, éd. cit., p. 28, col. 2. Bermeo, prov. Biscaye, dist.jud. de Guernica.