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INTERVENTION DE CHARLES LE MAUVAIS
« toutes frettées et appareilliés et cargiés de gens d’armes »,et d’aller avec Owen de Galles seconder les opérations mili-taires du roi de France.
Le captai de Bucli fut fait prisonnier, et la ville de La Ro-chelle, que les Anglais ne purent secourir à temps, tombaaux mains des Français: tels furent les résultats de cettenouvelle campagne. L’amiral de Castille, après avoir reçu lesgages qui lui étaient dus, lit voile pour l’Espagne 1 . Le27 septembre, Henri II, dans une lettre adressée aux habi-tants de la ville de Murcie, leur annonçait les succès que lesarmes françaises et castillanes venaient de remporter :« asi que, loado Dio, todos los fechos de aquellas partidashan sucedido bien conforme podiamos desear nos é el Ileyde Francia nuestro hermano 2 ».
Il était bien naturel que le roi d’Angleterre cherchât àrompre l’alliance qui venait de lui causer de si graves préju-dices. Il se servit pour cela de l’intermédiaire du roi deNavarre : dans le courant de 1373, Charles le Mauvais vintà Madrid, chargé de propositions d’Edouard III et du princede Galles. On offrait à Henri l’amitié de l’Angleterre,on promettait de n’aider en aucune façon les filles de Pierre I or ,le duc de Lancastre renoncerait à ses prétentions, mais onposait cette condition que l’alliance française serait aban-donnée et que la Castille cesserait de fournir des vaisseaux àCharles V. Le roi ne voulut point manquer à sa parole, et ilrefusa nettement de se séparer du prince qui l’avait autre-fois secouru ; il répondit que «... en ninguna manera delmundo non se partiria de la liga de Francia 3 4 ...» Et en effet,nous constatons que, dans cette môme année, aussitôt aprèsla conclusion de la paix avec le Portugal, Henri envoyason amiral Ferrand Sanchez de Tovar avec quinze galèrespour secourir son allié \ Signalons encore en 1374 l’envoid’une flotte considérable commandée par cet amiral 5 .
1. Crônica, éd. cit., pp. 13 et 14, et Froissart, éd. cit., t. VIII, p. 64et infra.
2. Lettre citée dans la Crônica (éd. cit., p. 13, note 3), d’après Cas-cales : Discursos hisloricos de la muy noble y muy real ciudad deMurcia. Murcie, 1642, in-fol.
3. Crônica, éd. cit., p. 18, col. 1.
4. Ibidem, ', p. 21, col. 2.
5. Ibidem, p. 24, col. 1 et 25, col. 2.