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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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VICTOIRE NAVALE DE LA ROCHELLE (1372)

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ce quil avoient si bien exploitié. Et se tint parmi ses aliancesplus asségurés et confortés que dev r ant ».

Nous avons signalé plus haut, à propos de la paix avec lePortugal, la venue en France dambassadeurs castillans aunombre desquels était lamiral Boccanera. Dautre part, noussavons quun chevalier, Macé de Fresnes, délégué par CharlesV, le 10 août 1371, se rendit en Espagne 1 2 , et il est permisde supposer que ces négociations se rattachent à une demandedo secours maritimes contre lAngleterre. Henri II, fidèleà sa promesse, et dailleurs menacé lui-même par le duc deLancastre, mit au service de son allié dix grosses nefs ettreize barges bien équipées sous le commandement de sonamiral, de Cabeza de Yaca et de Ruy I)iaz de Rojas 3 . Cetteforce navale était destinée à empêcher le comte de Pem-broke de débarquer à La Rochelle. Un furieux combat sen-gagea entre les Anglais et les Espagnols, la veille de lasaint Jean-Baptiste (23 juin 1372). Après une lutte de deuxjours, la flotte anglaise fut presque entièrement détruite ;beaucoup de seigneurs, parmi lesquels le comte de Pembroke,furent faits prisonniers. Cétait pour la cause française unevictoire considérable qui allait hâter la reprise de La Ro-chelle. Le roi de Castille était à Burgos, quand il apprit cettebonne nouvelle qui lui causa une grande satisfaction 4 5 .Charles V, encouragé par le succès, voulut profiter de cet avan-tage et tourner tous ses efforts sur la Saintonge et le Poitou :il chargea un Gallois entré à son service, Owen de Galles,daller immédiatement solliciter Henri de continuer à lap-puyer sur mer, afin dachever lœuvre commencée s . Owendébarqua à Santander et attendit dans ce port larrivée de laflotte victorieuse qui, retenue par des vents contraires, navaitpoint encore rallié les côtes de Biscaye. Elle arriva enfin,amenant captifs soixante chevaliers aux éperons dor et un butinconsidérable. Le roi, accueillant favorablement la demandede son allié, ordonna à Ruy Diaz de Rojas de partir de nou-veau avec quarante grosses nefs, huit galées et treize hargos

1. Iroissart, éd. cit., t. VIII, p. 31.

2. L. Delisle, Mandements de Charles V, p. 411, n° 803.

3. Froissart, éd. cit., t. VIII, p. 37.

4. Crânien, éd. cit., p. 12, col. 2.

5. Froissart, éd. cit., t. VIII, p. 46 et 47.