34 PRÉTENTIONS 1)0 DUC DE LANCASTRE
pas le texte de ce traité, et nous ne pouvons dire quelsétaient les articles qui concernaient la France. La guerrerecommença, d’ailleurs, bientôt après entre la Castille et lePortugal, mais, en 1373, la concorde fut rétablie, et, dans lenouvel instrument, Henri fit insérer une clause importante enfaveur de notre pays : le roi Ferdinand s’engageait à joindrecinq galères à la flotte castillane, toutes les fois que le roid’Espagne enverrait ses vaisseaux au secours- de Charles V 1 .
Cependant un danger nouveau menaça la nouvelle dynastieet contribua encore à rendre plus intime son alliance avec laFrance. Pierre I er avait eu de son union avec la Padilladeux filles qu’il avait emmenées avec lui, lorsqu’en 1366 ilcherchait un refuge sur les terres anglaises ; depuis cetteépoque, ces princesses étaient demeurées à la cour d’Angle-terre. On apprit, en 1372, que l’une d’elles, D a Constanza,épousait Jean de Gand, duc de Lancastre, et que la cadetteétait fiancée à Edmond, comte de Cambridge. Le premiersemblait disposé à revendiquer les droits de sa femme autrône de Castille ; Édouard III appuyait ouvertement sesprétentions et lui donnait dans les actes publics le titre deroi de Castille et de Léon 2 . Henri II vit aussitôt le péril: ilrésolut, après avoir délibéré, d’informer son allié Charles Vde l’orage qui se préparait, et de demander de nouveaul’assurance qu’il serait soutenu, le cas échéant. Il envoyadonc en France « sages hommes et les plus autentis de sonroyaume. » Ceux-ci furent très bien accueillis par le roi ettinrent avec ses conseillers de nombreuses conférences. Lesalliances qui unissaient les deux princes furent confirmées« et jura adont li rois de France solennelment en parole deRoy que il aideroit et conforteroit le Roy de Castille en tousbesoings et ne feroit pais ne acord aucunement au Roy d’En-gleterre qu’il ne fust mis dedens 3 ». Froissant nous apprendque Duguesclin « qui moult amoit le roi Henri » contribuabeaucoup à ce résultat. Les envoyés de Castille se retirèrentet trouvèrent leur maître à Léon ; ils lui rendirent compte deleur mission et lui rapportèrent les promesses formelles deCharles Y. Le roi « fu moult liés dé leur revenue et de
1. Crônica, éd. cit.,p. 16, col. 2.
2. Rymer, éd. cit., t. III, part. II, pp. 198, 199, 201.
3. Froissant, éd. Luce, t. VIII, pp. 30 et 31.