I.E COMTE DH TRASTAMARA A AVIGNON
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une fois licenciées et sorties d’Espagne, se trouvant denouveau sans emploi, s’étaient mises au service du PrinceNoir et de Pierre contre leur ancien maître. Les forcesalliées franchirent les Pyrénées à Ronceveaux et traversèrentla Navarre : Henri n’était pas en état de résister. Lajournée de Najera (3 avril 1367) fut une déroute pour sonparti ; ses meilleurs lieutenants et les chevaliers français,parmi lesquels Duguesclin, furent faits prisonniers ; lui-mêmeput à grand’peine s’enfuir en Aragon, d’où il passa enFrance. Établi à Pierre Pertuse 1 2 , il ne cessait de faire desincursions sur les terres anglaises. Or, à ce moment, laFrance et l’Angleterre étaient en paix : Charles V, auprès dequi des réclamations furent portées, pria le roi de Castille decesser les hostilités. On ne voulait à aucun prix d’une rup-ture avec Édouard III : Duguesclin était captif et rien n’étaitprêt pour recommencer la lutte'. Cependant Louis I, ducd’Anjou, lieutenant de son frère en Languedoc, eut une entre-vue secrète avec Henri dans une tour située à une desextrémités du pont d’Avignon. Le duc proposa d’envoyerdes messagers au roi de France pour lui exposer la situationet lui montrer l’avantage qu’il y aurait à rétablir le comte deTrastamara, à empêcher les Anglais de prendre de l’inlluenceen Espagne, à les combattre et à les vaincre, si on pouvait,sur ce nouveau terrain. Charles V fournit au prétendant lesmoyens de recommencer la lutte : il lui racheta le comté deCessenon, avec les villes de Servian et de Thézan, et il luifit compter cinquante mille francs d’or; Henri reçut du ducd’Anjou une somme égale, et ayant appelé en France sa femmeD a Juana 3 * * * * et ses enfants qui étaient restés en Aragon, il pré-para une nouvelle expédition en Castille, acheta à Avignon lesarmes, les chevaux et tout l’attirail de guerre nécessaire.
L’occasion allait se présenter à lui très favorable, car lesmalheurs n’avaient point instruit Pierre : ce prince était
1. Pierre-Pertuse, Aude, arrondissement de Carcassonne, communede Rouffiac-des-Corbières.
2. II. du Chastelet, op. cil., pp. 133 et 131.
3. Crônica de 1). Pedro 1, éd. cit., p. 574 et infra. Sur le séjour de
Henri en France, cf. Ilisl. du Languedoc, nouvelle édition, t. IX, pp.
787, 788 et 789. D il Juana, fille de l’infant Juan Manuel et de D a hlanca
de la Cerda y Lara, avait épousé en 1350 le comte de Trastamara.
(Cf. Florez, Reyms catholicas, II, pp. 667 et infra.)