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TIU1TÊ DE I,IliOUUNE (I36G)
et il passa alors en Galice, s’arrêta à Santiago ; avant demettre à la voile pour Bayonne, avant de chercher un refugeauprès du Prince Noir, il laissa à l’Espagne un adieu san-glant: D. Suero Gômez de Toledo, archevêque de Compostelle,fut égorgé par son ordre devant le maitre-autel de la cathé-drale.
Henri, par la fuite de son frère, se trouvait le maître presqueincontesté de la Castille: son premier soin fut de. licencierles routiers qu’il payait cher, et dont les pillages pouvaientexciter les mécontentements et rendre sa cause impopulaire.On leur compta leur solde et on les renvoya tous très satis-faits « é fueron todos muy contentos », selon le témoignaged’Ayala 1 . Néanmoins, le roi garda auprès de lui les chefs,Duguesclin et les chevaliers français et bretons qui l’avaientaccompagné. Le comte de la Marche et le sire de Beaujeu,parents de la malheureuse Blanche de Bourbon, qui avaientfait partie de l’expédition, réclamèrent qu’on leur livrât uncertain Juan Perez, natif de Jerez, qui passait pour avoir étéle bourreau de la reine. Ils le tirent pendre 2 .
Le repos du nouveau roi de Castille fut bientôt troublé : ileut d’abord à combattre des seigneurs galiciens révoltés, etil ne tarda pas à avoir connaissance de la ligue dangereusequi se formait contre lui au nord des Pyrénées. Pierreavait, en effet, trouvé un asile sur le territoire anglais, àBayonne ; de là, il s’était rendu à Bordeaux et avait persuadéau Prince Noir de l’aider à reconquérir sa couronne ; il avaitcherché en même temps l’appui de Charles le Mauvais, roide Navarre. Ces négociations aboutirent le 23 septembre 1366,à un traité signé à Libourne 3 . Le prince exilé assurait à sesnouveaux alliés des accroissements de territoire, s’ils réussis-saient à le replacer sur son trône.
D’autre part, des différends s’étaient élevés entre Henriet le roi d’Aragon qui réclamait l’exécution des pro-messes qu’on lui avait faites. Pendant ce temps, les compa-gnies qui avaient assuré le succès du comte de Trastamara,
1. Crônica de D. Pedro I, éd. cit., p. 545.
2. Ibidem, p. 546.
3. Rymer, Fœdera, éil. cit., t. III. part. II, p. 116-119. Notons quedès l’année 1362, Pierre avait conclu un traité d’alliance avec le roid’Angleterre ; ce traité n’était pas, il est vrai, dirigé contre la France.(Ibidem, t. III, part. 11, pp. 60, 73 et 91).