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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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TRAITÉ DE TOLÈDE (1308)

rentré dans son royaume plein didées de vengeance, etsans écouter les sages conseils du prince de Galles, il terri-fiait lEspagne par ses exécutions. Beaucoup de Grands,menacés, vinrent en France grossir la petite armée du préten-dant. En outre, le roi ne'se pressait pas de remplir lesengagements quil avait pris envers le fils dÉdouard III :celui-ci, mécontent, avait repassé les Pyrénées. Le 13 août 1367,le duc dAnjou eut avec le comte de Trastamara une entrevueà Aiguesmortes : un traité dalliance offensive et défensivefut conclu contre Pierre, les Anglais et Charles le Mau-vais. Malgré lopposition du roi dAragon, Henri tra-versa le territoire de Ribagorza ; le 28 septembre, il était àCalahorra, il rassembla ses partisans; puis il prit posses-sion de Burgos et alla assiéger Tolède, tandis que son frère,abandonné des Anglais et de beaucoup des siens, allaitrechercher l'alliance des Musulmans de Grenade 2 .

Cest pendant quil essayait de prendre Tolède, qui résistalongtemps, que le prétendant se lia étroitement avec le roi deFrance : en reconnaissance de lappui efficace quil en avaitreçu, il se mettait entièrement à sa dévotion. CharlesYavait délégué en Espagne, le 19 juillet 1368, Francisco dePerellos, Jean de Rye et maître Thibaut Hocie 3 . Ces person-nages obtinrent du roi de Castille un traité qui fut rédigé aucamp devant Tolède, le 20 novembre suivant \ et dans lequelcelui-ci, tant en son nom personnel quau nom de son héritier,jurait au souverain français une amitié sincère, promettait dene jamais prêter aide à ses ennemis, sengageait à considérercomme siennes les guerres de son allié et à le secourir quandil en serait requis ; il ne pouvait conclure un traité ou unetrêve sans son consentement. Au cas, Tannée suivante,Charles V reprendrait les hostilités contre les Anglais etarmerait dix galées, le roi de Castille sengageait à équipervingt nefs. Les amiraux des deux nations jureront dagir aumieux des intérêts des princes ; quand ils navigueront deconserve, les prises seront partagées en deux parts. Sil

L Archives nationales, J. 1036, n° 26 et Crânien, p. 576.

2. Crânien, pp. 577 et infra.

3. L. Delisle, .Mandements de Charles V, n» s 457 et 458, p. 229 ; Ar-chives nationales, J. 603, n° 59.

4. Dumont, op. cit., t. II, part. I, p. 68.