INTERVENTION DE CLÉMENT VI
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Madrid, le fi janvier 1340, et Edouard désigna, le 17 mars,les personnages qui devaient le ratifier en son nom 1 .
Le pape Clément VI qui, nous l’avons vu, avait fait tousses efforts pour qu’une princesse française épousât l’infant,apprit que son œuvre était menacée. Il croyait voir en toutcela la main de certains conseillers d’Alphonse. Le 27 fé-vrier 1346 il lui écrivit afin de combattre ces influences etl’engager à ne point prêter l’oreille à dos avis malveillantset intéressés. Il ajoutait que la fiancée de 1). Pedro étaitune femme accomplie. 2 Marie, son fils, l’archevêque deTolède, Ferrand Sanchez de Valladolid, L). Alfonso Fer-nandez Coronel et D. Juan de Alburquerque étaient égale-ment sollicités en faveur du mariage français. 3 Ces conseilsdu Pontife n’eurent aucun effet : le roi de Castille persista àvouloir comme bru une Anglaise, et le 1 er janvier 1348,Edouard III lui annonçait le prochain départ de sa fille Jeannepour la Gascogne, d'où elle se rendrait en Espagne 4 5 6 * * * * . Cetteunion ne s’accomplit pas, car la princesse mourut inopiné-ment à Bordeaux : le roi d’Angleterre apprenait cette tristenouvelle à Alphonse, le 15 septembre do la même année, etil sollicitait une alliance en bonne forme 3 .
Il est curieux de remarquer, en effet, que le roi de Castillen’avait conclu aucun traité avec le prince anglais, et quebien loin de là, il fournissait des vaisseaux à Philippe doValois 0 . La guerre avait repris entre les deux adversaires:la France était envahie, et les ennemis, après avoir battul’armée royale à Crécy, cherchaient à se rendre maîtres deCalais, cette place qui devait assurer leurs communicationsavec l’Angleterre. Pour débloquer la ville assiégée par terreet par mer, une flotte était indispensable : on s’adressa pourl’obtenir à Alphonse. Celui-ci envoya en France Egidio
1. Rymer, éd. cit., t. Il, part. IV, p. 194.
2. Archives du Vatican, lteg. Vat. 139, n° dccccl, pièce just. n° 19.
3. Ibidem, n os dcccu et dcccclvi, pièces just. n us 20 et 21.
4. Rymer, éd. cit., t. III, part. I, p. 25. V. également p. 26, lettresd’Edouard III à la reine Marie, à U il Leonor de Guzman, à l’Infant età divers conseillers d’Alphonse.
5. Rymer, éd. cit., t. lll, part. I, p. 39.
6. Cependant Edouard lll affectait de considérer Alphonse XI comme
son allié; il lui annonçait, le 20 octobre 1347, qu’il l’avait fait com-
prendre en cette qualité dans la trêve qu’il venait de signer avec la
France. (V. Rymer, éd. cit , t. III, part. II, p. 23.)
Dau.met. France cl Castille.
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