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AMBASSADE EBANÇAISE DE 1315
arrivée de WilliamTrussel et de John, prieur de Rochester
Presque en même temps, Philippe de Valois, à qui les dé-marches de son rival n’avaient point échappé, résolut demettre tout en œuvre pour s’assurer d’une manière définitivel’amitié du roi de Castille. Il lui parut que le meilleur moyend’y parvenir était de conclure un mariage qui créerait entreles deux maisons des liens de famille. Le 3 février 1345 (n.st.), il désigna les plénipotentiaires destinés à se rendre enEspagne 1 2 : Jean de Vienne archevêque de Reims, le négo-ciateur du premier traité, Jean II abbé de Colombs (diocèsede Chartres) 3 , Savari de Vivonne sire de Thors, et Renaudde Vienne trésorier de Reims, frère de l’archevêque. Cespersonnages devaient demander que l’alliance fût rendue plusétroite et plus intime, négocier « confederaciones et-amici-cias largiores et ampliores absque eo quod jam facte in aliquasua parte aliqualitcr infringantur sed potius augmententur ».Philippe chargeait aussi ses ambassadeurs d’offrir à D. Pedro,héritier de la couronne, la main de Marie, fille du duc deNormandie. Mais en raison de l’âge de l’infant et de celui dela princesse, l’union ne pourrait être célébrée que dans undélai assez éloigné ; on prévoyait alors le cas où Marie décé-derait avant le mariage, et les envoyés français (Sevraientproposer que, si ce malheur arrivait, D. Pedro épousât ladeuxième fille du duc, nommée Jeanne. Le roi de Franceconfiait aux personnages que nous avons nommés plus haut,les pouvoirs nécessaires pour conclure, d’une part, un traitéplus détaillé que celui de 1336, d’autre part, pour dresser lecontrat de mariage 4 ; il promettait de ratifier leur œuvre.
Clément VI connaissait l’objet de ces négociations et il crutdevoir mettre son influence au service de la France, en re-commandant d’une façon particulière par une lettre datée deVilleneuve-lez-Avignon, le 14 mars 1345 5 , le chef de l’am-
1. Rymer, édit, cit., t. II, part. IV, p. 171.
2. Archives nationales, J. 602, n° 11, pièce just. n° 4.
3. I.e 7 mars 1345 (n. st.) Jean abbé de Colombs reconnaît avoir reçude Robert Darcy la somme de 300 livres tournois pour son voyage enFspagne (Bibl. nat., ms. fr. 20977, pièce n° 217).
4. Notons qu’entre ces ambassadeurs le roi de France établit desdifférences : les conventions ne seront valables que si elles sont passéespar deux d’entre eux et il faudra nécessairement que l’un de ceux-cisoit l’archevêque ou l’abbé. (Arch. nat., J. 602, n ü 41.)
5. Reg. Vat. 138, n° s DCCCi.xxvn, dccci.xxviii, dccclxxix, dccclxxx,pièce just. n° 5.