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trêves fussent prolongées. On accueillit leur proposition eton leur remit des lettres patentes où plein pouvoir leur étaitconfié pour arriver à ce résultat. Le 26 mai 1341, le roi deFrance en informait le pape Benoît XII et exprimait le regretqu’il éprouvait de n’être point en état de secourir immédia-tement le souverain de Castille 1 2 . Diego Ramirez de Guzmanet son compagnon se rendirent auprès d’Édouard III qui con-sentit à ce que la trêve fût prorogée jusqu’à la prochaine fêtede la décollation de saint Jean-Baptiste (29 août). Il acceptaaussi que des conférences fussent tenues près de Tournai àla fête de saint Pierre-aux-Liens (1 er août) pour négocier untraité définitif, et que les ambassadeurs castillans y prissentpart en qualité de médiateurs L
Il convient de dire ici quelques mots d’un incident quis’éleva peu après entre le souverain pontife et Philippe deValois. Celui-ci avait cru savoir que le pape désapprouvaitl’accord franco-castillan et qu’il avait même écrit à Alphonseet à quelques-uns de ses conseillers pour leur persuaderde rompre tout engagement avec la France. Ému par cesnouvelles, le roi écrivit à Benoît XII pour lui faire part del’étonnement qu’il éprouvait d’une si singulière conduite. Le21 septembre 3 , le Saint-Père affirma qu’il n’avait jamais paraucun moyen tenté de détruire cette alliance. Il ajoutait qu’ilavait fait rechercher avec soin dans les registres où sa cor-respondance était transcrite afin de voir si l’on y trouveraitrienqui justifiât les soupçons de Philippe, et cette recherche avaitprouvé qu’il n’avait jamais parlé à Alphonse dans le sensqu’on lui attribuait. Il protestait au contraire que toutes lesamitiés que la France pourrait se concilier lui seraientagréables et qu’il les favoriserait de tout son pouvoir. Danstoutes ces insinuations il ne fallait voir que des calomniesinventées par des ennemis.
Le roi d’Angleterre cependant ne perdait pas de vue l’in-térêt qu’il pourrait retirer d’une alliance avec la Castille, etnous constatons qu’il fît preuve pour arriver à son but d’unepersévérante ténacité. Il ne cesse, en effet, d’insister auprès
1. Archives du Vatican, Reg. Vat. 136, n° ccxr.uii, fol. 101 v°.
2. Lettre du J2 juin J 3 il adressée par Edouard 111 à Alphonse.(Rymer, éd. cit., t. II, part. IV, p. 102.)
3. Arch. du Vatican, Reg. Vat. 136, n ü ccxlvii, fol. 103 v".