ALPHONSE Al MÉDIATEUR 7
reçu d’Espagne un secours de navires ; les villes maritimesde la côte nord lui auraient fourni des vaisseaux moyennantune solde 1 : l’effet produit aurait été si grand que les Anglaisn’osaient plus naviguer. Et lorsque Édouard III passa enFlandre pour soutenir la révolte de Jacques Artewelde, iltraversa la mer, à la dérobée pour ainsi dire, disséminant sesforces afin d’éviter une rencontre navale, dont il redoutaitl’issue, avec les flottes de Castille et de Gènes qui étaient duparti français 2 . Mais en 1339, Philippe de Valois, à courtd’argent sans doute, ne voulut plus garder à sa solde le con-tingent espagnol, disant que ses gens suffisaient, et les Cas-tillans s’en retournèrent chez eux 3 . Le roi d’Angleterre, appre-nant que son ennemi venait ainsi de se priver d’une partie deses auxiliaires, vint attaquer les Français unis seulement auxGénois et les défit complètement au combat de l’Écluse(22 juin 1340). Malgré ce succès, Édouard ne put s’emparerde Tournai ; d’autre part, les Écossais se révoltèrent. C’estpourquoi, sur les instances du pape Benoît XII, il consentit àsigner, le 23 septembre 1340, la trêve d’Espléchin. Informédes événements, le roi de Castille avait aussi envoyé desmessagers aux belligérants pour les engager à conclure unesuspension d’armes au cours de laquelle on pourrait traiterde la paix définitive : les ambassadeurs castillans étaientDiego Ram irez de Guzman, qui fut depuis évêque de Léon, etD. Juan Hurtado de Mendoza, chevalier 4 . Au moment où cespersonnages vinrent en France, un grand danger menaçaitl’Espagne: les Maures du Maroc se préparaient, en effet, àpasser le détroit de Gibraltar et à attaquer les royaumeschrétiens 5 . Le roi de Castille s’adressa donc à son allié afind’en obtenir des secours contre les infidèles. On sait queceux-ci essuyèrent une déroute complète à Rio-Salado, le30 octobre 1340. Mais il importait de profiter de cette vic-toire et Alphonse voulait poursuivre énergiquement la lutteavec l’aide du roi de France : ses envoyés offrirent donc àPhilippe de Valois de s’entremettre pour qu’une paix durablefut conclue avec l’Angleterre, ou tout au moins pour que les
1. Cronica,'è.&iï. cit..,p. 285, col. 1.
2. Ibidem, p. 285, col. 2.
3. Ibidem, p. 286, col. 2.
4. Ibidem, p. 286, col. 1.
5. Ibidem, p. 292, col. 2 et 295, col. 1.