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NOUVELLES DÉMARCHES D’ÉIIOUAIU) 111
et trouvèrent le roi de Castille à Merida ; ils racontèrent lelong et pénible voyage qu’ils venaient d’accomplir, et direntqu’ils avaient obtenu du roi de Portugal une trêve d’un an :en considération de leurs peines, ils prièrent Alphonse deconsentir à une suspension d’armes de même durée. Par res-pect pour le Saint-Siège et par amitié pour son allié, le roi serendit à la demande de Bernard et de Jean de Vienne
Suivant le chroniqueur espagnol, l’archevêque de Reimsn’aurait pas prolongé son séjour dans la péninsule seulementpour faire cesser les hostilités avec les Portugais : il y seraitresté surtout afin de savoir s’il ne se traitait rien avec l’An-gleterre qui pût nuire à l’alliance avec la France 1 2 . Il est, eneffet, très vraisemblable que le prélat, qui n’ignorait point lesprécédentes démarches d’Édouard III, lit tous ses efforts pourempêcher Alphonse d’envoyer des ambassadeurs à ce prince,ainsi qu’il l’avait promis et qu’il avait été sollicité de nouveauà ce sujet par une lettre datée de Westminster le 18 mars1337 3 . Jean de Vienne réussit, et le roi de Castille se bornaà se faire excuser auprès du roi d’Angleterre : s’il ne donnaitpour le moment aucune suite aux négociations engagées,c’était que les guerres qu’il avait à soutenir ne lui en lais-saient pas le loisir. Nous constatons qu’Édouard, le 8 janvier1338, réitéra ses instances : il offrit de nouveau son appui àAlphonse et le pria de lui conserver son amitié 4 ; il agissaitégalement auprès de la reine Marie 5 . De plus, pour seconcilier une faveur qu’il jugeait si précieuse, il ordonnait derestituer à un Espagnol, nommé Juan Gomez, l’argent et lesmarchandises dont il avait été dépouillé par des Anglais 6 , etpromettait que les négociants castillans dont les intérêtsauraient pu être lésés en Flandre obtiendraient bonnejustice 7 .
S’il faut en croire les chroniques de Castille, qui seulesnous renseignent sur ce point, Philippe VI aurait dès 1338
1. Cronica, édit. cit., p. 292, col. 1 et 2.
2. Ibidem, p. 295, col. 1 et 2.
3. Rymer, édit, cit., t. Il, part.. III, p. 161. Edouard III s’adressait àla même date à plusieurs conseillers d’Alphonse, dont les noms sontétrangement défigurés. Ibidem.
4. Ibidem, t. II, part. III, p. 200.
5. Ibidem, p. 201.
6. Ibidem, p. 199.
7. Ibidem, p. 200.