RATIFICATION I)U TIÎAITK (1337) 5
courir en aucune manière leurs adversaires respectifs ; si l’und’eux a ou est sur le point d’avoir une guerre à soutenir, ilpourra requérir son allié de lui fournir des gens d’armes, desnefs ou des galées aux frais du requérant, de manière toute-fois qu’il soit pourvu à la sûreté du royaume de celui desprinces qui donnera ces secours.
Tel est le premier traité d’alliance entre la France et laCastille. Renouvelé maintes fois, son texte fut développé, lescas précisés, mais les conditions posées en 1336 demeurèrentà peu de chose près les mêmes pendant cent quarante années.Tous les souverains sans exception dans les deux pays le re-nouvelèrent à chaque changement de règne.
Au mois de février 1337, Philippe de Valois approuva pourlui et ses héritiers tous les articles arrêtés entre son déléguéet celui d’Alphonse XI, et il jura solennellement de lesobserver 1 . En vertu de ses pouvoirs, le « notario-mayor » deCastille avait prêté au nom de son maître le même serment.Pour donner plus de solennité à un acte si important, on dé-cida que deux ambassadeurs français iraient porter au roi deCastille le traité ratifié par le roi de France : on choisit pourcette mission deux des principaux négociateurs de l’alliance,l’archevêque de Reims, qui reçut à cette occasion une permis-sion spéciale du pape Benoît XII de quitter son diocèse 2 , etRobert Bertrand, seigneur de Briquebec, maréchal de France.Le 18 août, à Séville, ils remirent à Alphonse le texte dutraité approuvé par Philippe, scellé du grand sceau en cireverte sur lacs de soie 3 .
Tandis que Robert Bertrand rentrait en France, Jean deVienne demeurait en Espagne, car il était chargé par sonmaître d’essayer d’amener un accord entre les rois de Castilleet de Portugal. Il joignit ses efforts à ceux du légat pontificalBernard d’Albi, évêque de Rodez, pour prier Alphonse deconclure la paix. Ce prince, après quelque résistance, consentità ce que les deux prélats se rendissent auprès de son adver-saire pour le disposer à entrer en accommodement 4 . VersNoël de la même année (1337), ils revinrent de leur mission
1. Archives nationales, J. 601, n u 35, pièce just. n° 1.
2. Archives du Vatican, registre Vatican 124, lettre communen° i,xii, pièce just. n° 2.
3. Archives nationales. J. 601, n° 37, pièce just. n° 3.
4. Cronica, édit. cit., p. 290, col. 2.