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CREMIER TRAITÉ AVEC EA FRANCE (1330)
que l’archevêque de Reims, Jean de Vienne, arriva à soncamp. Au nom de son maître, ce personnage sollicita l’amitiédu roi, et lui offrit un secours pour terminer la guerre pré-sente, ainsi qu'une alliance offensive et défensive pour l’avenir.Le prélat plaida habilement la cause qu’on lui avait confiée ;il rappela sans doute les anciens traités qui avaient uni lesdeux pays et il emporta une réponse favorable : le souveraincastillan adhérait en principe à la proposition de Philippe deValois et promettait d’envoyer en France un plénipotentiairechargé de régler les conditions de l’accord.
Le 15 septembre, en effet, du camp sous Lerma, Alphonsedésigna Ferrand Sanchez, chevalier et « notario-mayor » deCastille, pour rédiger un traité d’alliance ; il lui donnaitplein pouvoir pour jurer en son nom d’observer les conven-tions et pour recevoir du roi de France le même serment ; ilpromettait enfin de ratifier tout ce que son procureur arrê-terait 1 . Ferrand Sanchez vint à la cour de Philippe de Valois,et le 13 décembre, ce prince chargea Robert Bertrand che-valier, maréchal de France, de le représenter dans ces négo-ciations 2 . Les deux plénipotentiaires tombèrent vite d’accord,et le 27 du même mois un instrument fut dressé à Louvresprès Paris, en présence du roi, de Jean de Vienne arche-vêque de Reims, de Guy Baudet évêque de Langres, chan-celier, de Jean duc de Normandie, de Charles II comted’Alençon, de Raoul de Brienne, connétable, de Miles siredes Noyers, bouteiller, de Mathieu de Trie maréchal deFrance, d’Ancel sire de Joinville, de Jean de Chàtillon, deGeoffroi de Beaumont, chambellan, de Guillaume Flote sirede Revel, et de Hugues Quiéret, amiral de France, conseillersde Philippe. Pour le souverain de Castille, les témoins étaientAlfonso Martinez et Hugo de Alcana, chevaliers. Voici lesdispositions principales insérées dans le traité : les deuxprinces promettent en leur nom et au nom de leurs succes-seurs d’être toujours bons et fidèles amis ; ils se prêterontréciproquement assistance par de loyaux conseils, de toutleur pouvoir et en conscience ; l’un ne devra jamais directe-ment ni indirectement, en cachette ni à découvert, se mettreen opposition avec l’autre ; ils s’interdisent d’aider ou de se-
1. Archives nationales, J. 601, n° 33.
2. Ibidem, J. 601, n° 3'i.