PROPOSITIONS D’finOUARD III
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les Écossais. Les avantages que l’alliance castillane était sus-ceptible de procurer à celui des deux rivaux qui saurait l’ob-tenir n’échappèrent ni au roi d’Angleterre, ni au roi deFrance, et nous verrons que chacun d’eux s’efforça d’attirerAlphonse dans son parti.
Ce fut Édouard III qui le premier fît des ouvertures au sou-verain castillan: le 4 juin 1335, à York, il chargea Bernard-Ezi II, seigneur d’Albret, William Fifz-Waryn et maîtreGérard du Puy de se rendre en Espagne, de rappeler l’amitiéqui unissait depuis longtemps les rois d’Angleterre et de Cas-tille, et d’exprimer son désir de voir cos bons rapports devenirplus intimes. Il proposait, en outre, que l’infant D. Pedrofut fiancé à Isabelle, sa fille aînée'. La chronique nous apprendque ces ambassadeurs reçurent à Palenzuela 1 2 , où se trouvaitalors le roi, le meilleur accueil, mais qu’ils obtinrent seu-lement une réponse évasive : Alphonse déclarait que sonfils était trop jeune encore pour qu’on pût songer à le marier;il n’oubliait pas les relations amicales entretenues par sesprédécesseurs avec l’Angleterre; pour sa part, il se disaitprêt à rendre ses bons offices à Édouard III, de même qu’ilcomptait sur l’appui de ce prince, le cas échéant 3 4 5 . En sommeaucun accord ne fut conclu, le roi promettait seulement d’en-voyer des délégués auprès du souverain anglais. Celui-ci, parlettre datée de Westminster le 3 mars 1336, remerciaAlphonse, et le pressa de poursuivre ces négociations''.
Le roi de France apprit-il la tentative d’Édouard III? Lechroniqueur espagnol l’affirme 6 . En tous cas, il résolut dedisputer à son rival l’appui de la Castille. En 1336, Al-phonse tenait assiégé dans Lerma le rebelle Juan Nuilez", lors-
1. Rymer, Fœdera , conventiones, lillerœ, édition de La Haye, 1739-1745, t. Il, part. III. p. 128.
2. Palenzuela, prov. de Palencia, district, judic. de Baltanas.
3. Cronica de I). Alf'omto el onceno, imprimée dans les Cronicas delos Reyes de Castilla, Bibl. Rivadeneyra, Madrid 1875, t. I, p. 284,col. 2.'
4. Rymer, édit. cit., t. II, part. III, p. 143. Edouard prie FerrandSanchez de Valladolid d’insister auprès de son maître pour Renvoid’ambassadeurs castillans.
5. Cronica de Alfonso XI, éd. cit., p. 284, col. 2.
6. D. Juan Limiez de Lara était fils de l’infant I). Fernando II de laCerda, et arrière petit-fils d’Alphonse le Savant: il appartenait donc àla maison royale. Sa femme lui avait apporté en dot la seigneurie deBiscaye. Il prit part à la révolte des grands contre Alphonse XI, futvaincu et dès lors servit fidèlement son roi.