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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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Mende, Henri sire de Sully, bouteiller et Pierre Bertrandprofesseur de droit civil et canonique. Le 8 novembre 1317à Paris, un acte était rédigé, lon stipulait quune amitiésincère unirait les souverains de France et de Castille, queles pactes et les confédérations faits par leurs prédécesseursseraient renouvelés. Pour resserrer ces liens, on décidait quele roi dEspagne, dès quil aurait atteint làge nubile, épouseraitIsabelle, troisième fille de Philippe Y et de Jeanne de Bour-gogne ; on ajoutait que si les fiançailles de Jeanne, fille aînéedu roi de France, avec le dnc de Bourgogne venaient à êtrerompues, cest avec cette princesse quAlphonse XI con-tracterait mariage.

On sait que ce projet fut oublié et que le roi épousaMarie de Portugal. Il semble môme que toutes relations aientcessé entre la Castille et la France pendant un assez grandnombre dannées. Du moins, les documents de nos archivesni les chroniques ne nous en ont-ils conservé aucune trace. Ilfaut, croyons-nous, attribuer à Philippe VI de Valois lini-tiative dun rapprochement avec lEspagne, et il est permisde penser que la guerre de Cent ans fut la cause qui le dé-termina à se tourner du côté dAlphonse XI.

Depuis longtemps déjà, en effet, les rois de France etdAngleterre étaient en constante rivalité : sur tous les pointsdes difficultés sélevaient entre eux et si, jusqualors, la lutteavait été évitée, il était possible de prévoir quun jour pro-chain viendrait les hostilités éclateraient. Les deux ad-versaires le sentaient et chacun cherchait à se ménager desalliances. Les états dAlphonse XI, qui occupaient environles deux tiers de la péninsule ibérique, touchaient aux posses-sions anglaises du midi. On comprend donc quEdouard IIIait attaché beaucoup de prix à se concilier lamitié de sonvoisin. Philippe VI avait un intérêt plus grand encore à sas-surer le concours de la Castille : cette puissance était capable,en effet, de lui fournir les vaisseaux qui lui manquaient, etde plus, en raison de la situation géographique, les arméesespagnoles pouvaient au moment opportun marcher contreles domaines anglais, menacer Bayonne et amener de ce côtéune utile diversion ; elle jouerait au sud un rôle analogue àcelui qui était réservé au nord à dautres amis de la France,

1. Archives nationales, J. 601, n° 29.