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INTRODUCTION'
la Castille et il y réussit ; mais son allié était si faible dansses propres états que, de son amitié, on ne pouvait espéreraucun profit. Dès l’avènement d’Isabelle en 1474, les sen-timents d’hostilité se manifestèrent : Louis XI prêta en effetson appui au souverain de Portugal qui disputait aux RoisCatholiques la succession de Henri IV. L’union de la Cas-tille et de l’Aragon était incompatible avec la continuationdu bon accord avec la France. La possession de la Cerdagneet du Roussillon, la rivalité des deux couronnes en Italie de-vaient déchaîner une longue suite de luttes.
Le fait qui nous a paru digne de remarque, pendant la pé-riode dont nous nous sommes occupé, c’est le soin qui a étépris de part et d’autre, pour conserver l’alliance, de renou- -veler les actes qui la constataient. De ces traités, le premieren date est de 1336, le second de 1345 sous le règne d’Al-phonse XL Ce prince et Philippe de Valois moururent à peud’intervalle ; Pierre F r et Jean II Le Bon, à l’exemple deleurs pères, se lièrent en 1352. Puis, l’accord sembla oublié,et on ne chercha pas à le faire revivre à l’avènement de Char-les V: celui-ci aida même le comte de Trastamara à renverserson frère et contracta avec l’usurpateur en 1368 une étroiteunion, que confirmèrent en 1381 Charles VI et Jean I or etplus.tard Henri III en 1391. Au début du règne de Jean IIen 1408, un instrument nouveau fut rédigé. Charles VIImonta sur le trône en 1422, et continua les relations avecl’allié de ses prédécesseurs, mais, par une dérogation aux usa-ges, c’est seulement en 1435 qu’il fit faire un-traité : l’alliancedes deux royaumes était une tradition si bien établie quecette formalité n’avait point paru indispensable. Henri IVen 1455 et Louis XI en 1462, quand ils montèrent sur letrône, procédèrent au renouvellement des actes dressésantérieurement.
Lorsqu’un des deux rois venait à mourir, son successeurs’empressait de pourvoir au maintien de l’amitié, en deman-dant que les traités qui réglaient les obligations respectivesdes parties fussent consignés par écrit. Un certain laps detemps s’écoulait parfois entre l’avènement du prince et laconclusion d’un nouvel accord, mais c’est là un fait qui n’a-vait aucune importance, car chacun des contractants s’enga-geait non seulement pour lui-même, mais encore pour sonhéritier : il n’y avait par conséquent, en droit, aucune inter-