INTRODUCTION
IX
renouveler les traités conclus précédemment, mais encoreà donner pour épouse au jeune roi une de ses parentes. Cemariage, qui avait semblé propre à consolider l’alliance, faillit,au contraire, en amener la ruine complète, car la manièreindigne dont Blanche de Bourbon fut traitée contribua, iln’en faut pas douter, à décider Charles V à soutenir les pré-tentions du comte de Trastairmra au trône de Castille. Cettenouvelle politique, après un premier succès, subit un graveéchec : Pierre, combattu par les Français, se jeta du côtéde l’Angleterre et reconquit son royaume. Mais il commitl’imprudence de mécontenter ses alliés et grâce à un nouveleffort de son frère, appuyé par Charles V, il perdit cette foisla couronne avec la vie.
La nouvelle dynastie était déjà attachée à la France par lareconnaissance : un danger qui la menaça bientôt eut poureffet de resserrer ces liens. Edouard III ayant pris fait et causepour son fils le duc de Lancastre, qui avait épousé une des fillesdu prince détrôné et revendiquait les droits de sa femme,l’Anglais fut dès lors, pour la maison de Castille, commepour la maison de Valois, l’ennemi commun. C’est ce quiexplique le nombre et l’importance des secours maritimesfournis à la fin du xiv° siècle à Charles V et à Charles VI dansleur lutte contre l’Angleterre. Les règnes do Henri II,de Jean I L ' r et de Henri III, qui correspondent à cette pé-riode, marquent certainement l’époque pendant laquelle lesdeux couronnes furent le plus étroitement unies, l’aide mutuel-lement donnée plus fréquente et plus efficace. Sous Jean II,qui gouverna durant de longues années, les rapports se con-tinuent, mais la Castille, constamment troublée par les rebel-lions des membres de la famille royale et des Grands, pardes guerres contre la Navarre et F Aragon, est incapable deprêter un concours actif aux rois do France pour chasser lesenvahisseurs. On remarque même vers le milieu du xv e siècleune sorte de désaffection entre les souverains, des réclama-tions sont présentées de part et d’autre, des récriminations unpeu aigres sont échangées. Avec l’avènement de Louis XI, onput croire que l’alliance franco-castillane allait être dis-soute : la politique de ce prince en Aragon lui aliéna lessympathies de Henri IV qui se lia avec le roi d’Angleterreet entama des négociations avec Charles le Téméraire. Leroi de France, inquiet, fit tous ses efforts pour renouer avec