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2 (1740) Lettres B - CHEG
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CAD.

eft le fiége d’un Evêché, & l’on y voit plufieurs Eglifes dont laftruéture eft alfez bien entendue. La terre de l’Ifle produit de libons pâturages, que le bétail créveroit, fi on l’y abandonnoit, 8c fil'on n'avoit foin de le faigner tous les mois. On y trouve des fali-nes dont le fel eft excellent. En 1702, les flottes combinées del’Angleterre & de la Hollande tachèrent de fe rendre mâitres deCadix, mais cette entrepnfe échoua. * Pline, I. 4. c. 22. ô>/. 5.c. 5. Pomponius Mêla, l. 3 c. 6. Silius Italicus, /. 1. & 3. No-nius, Hifp. c. g. Mariana. Marinæus. Merula. Jouvin, Voyaged'Efpagne. Le P. Labbe, Géographie Royale.

* C A D IS (le Golfe de) ou de la Yéguas, c’eft à dire, le Gol-fe des juments, comprend toute cette partie de l’Océan Atlantiquequi eit renfermée entre les côtes de l’Algarbe & de 1 Andaloufievers le nord, & celle des Royaumes de Fez & de Maroc vers lemidi, depuis le détroit de Gibraltar, jufqu’à une ligne tirée du Capde S. Vincent en Europe, 8c à celui de Cantin en Afrique. * Ma-ty, DiS. Géogr.

* C A D 1 S (la Baye de) eft une partie du Golfe de Cadis.Elle eft renfermée entre Tille de Cadis qui la borne au midi, &les côtes de f Andaloufie qui font au nord 8c au levant. Cette bayepeut avoir douze lieues de circuit 8c deux de large : elle eft défen-due par plufieurs châteaux, dont les principaux lont ceux de Puntal& de Matagorda, fituez vis à vis l’un de l’autre, à l’endroit le plusétroit de la Baye. * Maty, DiS. Géegr.

CADIX. Voyez. CADIS.

C A D 1 Z. , Voyez. CADIS.

CADIZADEL 1 TES, Sefte de Mahométans, qui imitent à peuprès la manière de vivre des Stoïciens. Ils fuyent les feftins 8c lesdivertillèmens, 8c affrètent une gravité extraordinaire dans toutesleurs aétions. Il parlent incetîàmment de Dieu, en public & enparticulier. Quelques uns de cette Seéte font un mélange du Chri-ftianifme 8c de la Religion de Mahomet. Ceux-ci vivent fur les li-mites de la Hongrie 8c de la Bofnie. Ils lifent l’Evangile en Efcla-von, & l'Alcoran en Arabe. Ils boivent du vin pendant le moisde Ramazan, qui eft le mois du jeûne des Mahométans, mais ilsn’y mettent point de canelle, ni d’autres ingrédiens; 8c alors il paffe parmi eux pour une liqueur permife. Ils aiment 8c protègent lesChrétiens autant qu’il leur eft portible, Ils croyent que Mahometeft le Saint-Efprit, 8c que la defcenteues langues de feu au jour dela Pentecôte, étoit une figure de la venue de ce faux Prophète. Ilspratiquent auflï la circoncifion, comme les Juifs, 8c fe fervent del’exemple de Jésus Christ pouj l’autorifer. * Ricaut, del’Em-pire Ottoman. Voyez, auffi KADEZADÉLIT ES.

CADLUC ou CADLUCUS (Vincent) Polonois ouRuffien de nation, 8c Prévôt de l’Eglife de Sendomir, vivoit en-core au commencement du XIII fiécle , 8c mourut Tan 1226.C eft le premier qui ait entrepris d’écrire l’Hiftoire de Pologneavec quelque fuccès, quoique fon ftile foit afîèz peu poli. * Her-bertus de Fulftin, Hifl. Polon.compendiofa Defcr.

CADMONÉENS. Voyez CEDMONEENS.

C A D M U S, Roi de Thébes, étoit Egyptien de nation, ou,félon les Poètes Grecs, filsd’Agénor Roi de Phénicie 8c de Télé-phallà, frère de Phénix 8c de Cilix, 8c petit-fils d’Epaphus. Sonfrère Phénix 8c lui fondèrent enfemble le Royaume de Tyr 8c deSidon. Il pafîà depuis dans la Béotie, ôc y bâtit Thébes, ou aumoins la citadelle nommée Cadmée , Tan 2545 du monde, 8c1490, avant Jésus Christ. Ce fut lui qui apporta en Grèce cesfeize lettres ci , ( 3 , y , S , £, », x, A, p, v, 0, zc, p, <r, r, v,aufquelles Palaméde ajoûta ces quatre, 5 , |, 0 , %, du tems delàguerre de Troye ; 8c Simonide ces quatre autres v,, «, 8, 0 , plusde fix cens ans après. Les Poètes ajoutent qu’il fortit de fon païspour chercher fa fœur Europe, que Jupiter avoit enlevée; maisque n’ayant pu apprendre de fes nouvelles après de longs 8c de pé-rilleux voyages, il alla confulter l’oracle de Delphes, qui lui or-donna de bâtir une ville à l’endroit où un bœuf le conduiroit. S’é-tant mis en devoir, avant toutes chofes, defacrifier aux Dieux, ilenvoya fes compagnons à la fontaine de Dircé, qui étoit proche,afin d’avoir de l’eau ; mais ils furent dévorez par un dragon. D’au-tres difent qu’il n’y en eut qu’un feul de dévoré. Minerve pourconfoler 8c venger Cadmus de cette perte, lui ordonna d’aller tuerce monftre, 8c d’en femerles dents fur la terre, ce qu’ayant exé-cuté, il en vit nâitre un grand nombre de foldats armez, quis’en-tretuérent l’un l’autre, à l’exception de cinq, qui étant reftez de cecarnage, lui aidèrent à bâtir une ville, qui fut Thébes, dans laBéotie, où il régna plufieurs années. Il époufa enfin Hermione,ou Harmonie, fille de Mars 8c de Vénus, de laquelle il eut Po!y-dore qui lui fuccéda, Sémélé, Ino, Autonoé, 8c Agavé, toutescélèbres dans la Fable par leurs avantures. Ceux qui cherchent lavérité hiftorique dans les fi étions, affurent que Cadmus ayant partedans la Béotie, province de Grèce, qui s’appelloit alors Eolide, ytua un Prince du pais nommé Dracon; qu’il mit adroitement la di-vifion parmi les peuples, qui vouloient s’op^pfer à fon étabiiflè-ment; 8c que profitant de leurs defordres, il’ufe rendit mâitre dupaïs. Par le nom qu’il donna à la ville qu’il bânt, il voulut mar-quer la première origine de fes ancêtres, Souverains de la grandeville de Thébes en Egypte. Il poliça fes peuples, 8c leur com-muniqua [invention de l’écriture. Depuis, les malheurs de faMaifon l’obligèrent d’aller finir fes jours en Illyrie. La Fableajoute que fa femme 8c lui furent changez en ferpens.

Cadmus , félon d’autres, étoit Mâitre d’Hôtel d’un Roi deTyr, ou de Sidon; St Hermonie ou Harmonie fa femme étoit uneJoueufe de flûte. Le nom de Cadmus femble être venu de Cadmo-ni, qui eft le nom d’une nation de la Paleftine, la même que lesHévéens. Harmonie tire fon origine de Hermon, montagne du mê-me païs, 8c l’on a dit quelle étoit changée en ferpent, parce que lemot Hévéen lignifie en Syriaque un ferpent. On dit que Cadmuslema des dents de ferpent, 8c qu'il en naquit des hommes armez,parce qu’en Phénicien, pour dire des gens armez de javelots de cui-vre, on fe fert de certains mots, qui peuvent être traduits, armez, de

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•dents de ferpent. Conon rapporte que Cadmus qui étoit puiflànt par-mi les Phéniciens, fut envoyé de Thébes ville d’Egypte en Euro-pe, par le Roi de Phénicie ; qu’il laiflà fon lrére Talus dans fillede Tafos, 8c qu’étant aile en Béotie, il y bâtit la ville de Thébes ;que les Béotiens l’ayant attaqué, les Phéniciens fe défendirent avectant de vigueur, qu’ils fe rendirent maîtres de toute la Beotie. Lafrayeur que les Béortens eurent des armes des Phéniciens, qui pa-rurent avec des calques 8c des boucliers (ce qu’on n'avoit point en-core vu) 8c qui leur dreflbient des embûches-, leur fit croire queces hommes étoient lortis tout armez de la terre. Ils les appellé-rent des ferpens, comme ayant été femez en ce païs. C’elt la, fé-lon Conon, la véritable hiftoire de Cadmus, 8c de la fondation deThébes. L’arrivée de Cadmus en Grèce, 8c la fondation de laville de Thébes eft marquée dans les marbres d’Arondel, à la 64,année del’Ere Attique, 1519 avant J. C. l’an 3195 de la PériodeJulienne. Si Ton en croit les Grecs, c’eft aux Phéniciens qu’on eftredevable des lettres que Cadmus fit patfer en Grèce. Ce peupleofa le premier, félon Lucain, l. 3.^. 220. ©* 221, exprimer lespenfées par différentes figures.

Vhœnices primi, fuma fi creditur, aufi

Manfnram rudibus vocem fignarefiguris.

Penfée qu’un Poète François a heureufement étendue dans ces qua-tre vers.

Ce fl de lui que nous vient cet Art ingénieuxDe peindre la parole, & de parler aux yeux ,

Et par les traits divers des figures tracéesDonner de la couleur & du corps aux penfées.

Il eft plus vraifemblable que les lettres ont été en ufage chez lesHébreux, long-tems avec Cadmus, qui ne paltà en Europe avecPhénix, que l’année d’après la fortie des Ifraëlites d’Egypte * Ovi-de, /. 4. v. 573. Horace, /. 1. Carm.Ode 10. v. r 7. Pau-

fanias, l. 3. Hygin, dans fes Fables. Natalis Cornes, l.g.ck. 14.Lucain. Brébeuf, Traduciion de la Pharfale. Bochart, in Canaan.Voyez le livre intitulé, Palatgraphia Grs.cn, de Dom Bernard deMontfaucon.

CADMUS, de Milet, fils de Pandion, eft le premier desGrecs, qui ait écrit l’Hiftoire en Profe. On croit qu’il vivoit dansle tems qu’Halyattès régnoit en Lydie : du moins il eft certain qu’ileft un peu plus ancien que Phérécyde, qui fiorifïoit du tems de Cy-rus. Ceux qui l’ont cru un peu plus récent qu’Orphée , n’avoientaucune connoiflànce des tems. La Grèce a toûjours eu de ces Ecri-vains , qui pajr ignorance ont rapproché des laits éloignez les unsdes autres de plufieurs liécles. Cadmus écrivit les Antiquitez deMilet, & de toute l’Ionie en quatre livres. Denys d’Halicarnaffedit qu’on lifoit de fon tems un Ouvrage fur cette matière, attribué àcet ancien Hiftorien ; mais que les habiles Gens le croyoient fup-pofé. S’il ne fe trompe pas, on n’a pas beaucoup perdu de ce quecet Ouvrage n’eft pas venujulqua nous; mais on ne peut trop re-gretter la perte de l’original. On parle d’un autre Cadmus filsd’Archélaüs, qui compofa l’Hiftoire d’Athènes en lëize livres. Sui-das, qui eft le feul qui ait confervé fa mémoire, ne du pas enquel tems il vécut. * Voflius, de Hifl. Gr&c.

* C A D O D A QJJ IO S , peuples de l’Amérique dans laLouïfiane, félon la carte de M. Delifle, qui les place aux environsd’une grande rivière qui porte le nom de Rivière rouge, 8c qui aprèsun long cours du nord-nord-oueft au fud-fud-eft, le décharge dansle Miffiflipi.

C A D O I, ville. Voyez C A D I.

CADOLSBURG. Voyez CATELSBURG.

C A D O L U S, Antipape. Cherchez C A D A L O U S.

* C A D O R E (la Piévé de) capitale du Cadorin. On l’ap-pelle quelquefois Amplement Cadore , quelquefois Amplement laPiévé , 8c d’autres fois en joignant ces deux noms enfemble, on l’ap-pelle la Piévé de Cadore.

CADORIN, CADORINE ou IL CADORI-N E, païs d’Italie dans la Marche Trévifane, dans les Etats de laRépublique de Venile. C’eft le plus feptentrional de toute l’Italie.Il a le Comté deTirol 8c les Alpes au couchant 8c au feptentrion, leFrioul au Levant, 8c la Marche Trévifane au midi. Ce païs eft divi-léen neuf Centuries ou Centaines qui font la Piévé, Doméges, ilValle, Comélico-deffus, Comélico-deffous, S. Vito^ Aurouzo, delàla Piévé, 8c Vénanzo. La ville capitale eft La PiévÉ de Cado-re, fituée fur la rivière de Piévé ou Piave, qui fépare ce païs endeux. Il étoit autrefois fujet au Patriarche d’Aquilée ; mais il ap-partient à la République de Venife depuis Tan 1420. Un a pasplus de foixante-quinze mille de tour ; 8c fes Habitans font exemtsà perpétuité de toutes fortes d’impôts 8c de (ubfides, par concertîondu Sénat de Venife, à caufe de leur fidélité envers la République.La Centaine d’Ampezo, 8c le château de Butiftagno étoient aulli decette province ; mais ils furent cédez en 1505 , à la Maifon d Au-triche , par le traité de paix entre l’Empereur Maximilien I, 8c lesVénitiens: ainfi ils font préfentement maîtres d une partie du Ti-rol, félon que le marquent plus au long les Sieurs Guidot, 8c Léo-nard Céthéréo, Reéteur de Sainte-Juftine dAronzo. * liau-drand.

C AD OU IN, Abbaïe de l’Ordre de Citeaux, Diocéfe deSarlat dans le Périgord. On dit que Ion y garde le faint Suaire deJefus-Chrift, qui fut autrefois retiré des mains des Infidèles, 8c quifut dépofé dans une églife de la ville de Jérufalem, où il demeurajufques i Tan 1000, qu’il fut tranfporte à Antioche, dans le temsque le Calife de Babylone faifoitune cruelle guerre aux Chrétiens.Ce thréforfut confervé à Antioche jufques en l’an 1099, dans lequelles François s’étant rendus maîtres de Jérufalem, 8c de la Terre-Sain-te , Aymar Evêque du Puy en Vélay , Légat Apoftolique de l’ar-mée Chrétienne , le retira de la ville d’Antioche. Il le garda pen-

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