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2 (1740) Lettres B - CHEG
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G C A C. C A D.

G A C H O M A S (le Royaume de) eft un pais de l’Inde delàle Gange , avec la ville de même nom près de la rivière de Cafmin,8c fur les frontières du Royaume de Bengale. Ii étoit autrefois lujetau Roi de Pégu ; mais il obéît préfentement à l'on propre Roi, quieit tributaire du Roi de Pégu. * Baudrand.

C A C H O U B, c’eft un bout de la Poméranie , qui eft reftéau Roi de Pologne, 8c qui commence à huit lieues de Dantzick.Ce ne font que des montagnes 6c des bois, qui n ont que de petitsfentiers faits, ce femble, feulement pour les Cerfs: il n’y a niterre cultivée, ni village. * Mémoires du Chev. <le Beau jeu.

CACIQUES, noms des Gouverneurs ou Princes, fous lesanciens Incas, ou Empereurs du Pérou. Les plus confidérables desNobles originaires du pais, retiennent encore ces noms d’Incas, &de Caciques, quoiqu’ils obéïffent aux Efpagnols. Les Princes del’ifle de Cuba dans l’Amérique feptentrionale portoient le mêmenom de Caciques, lorsque les Efpagnols s’en rendirent les maîtres.* Herréra. Antonio de Solis, 8cc.

CACOBERRO, bourg du Royaume de Barca en Barba-rie. Il eft litué fur un Cap qui porte fon nom, entre les lieux deRipalia , 6c de Terre delli Arabi. * Maty , Dicl.Géogr.

C A C O N G O, Royaume d’Afrique. On le met dans la ré-gion de Biafara vers le pats des Anzicains & des Giaques. On n’enconnoit aucune particularité. * Maty, Dicl. Géogr.

CAÇORLA ou CAZORLA, bourg d’Efpagne, fituédans l’Andaloufie, au confluent du Guadalquivir 8c de la Guadar-ména, à fix lieues de la ville d’Ubéda , du côté de l’Orient. Cebourg donne quelquefois fon nom à une partie de la Sierra Ségura ,& il appartient à l’Archevêque de Tolède, avec un petit pais qui endépend. * Maty, Dicl. Géogr.

CAÇORLA, montagne. Voyez. SIERRA SE'GU-R A fous SE'GUR A.

CACOUCHACS, peuples de l’Amérique feptentrionale.Ils font dans leSaguenay, contrée de la nouvelle France, & aunord de la ville de Tadouflàc. * Maty, Dicl. Géogr.

C A C US, Berger d’Italie, du Grec K xxoç méchant, faifoitfademeure fur le Mont-Aventin, qui fut depuis renfermé dans l’en-ceinte de la ville de Rome, 6c exerçoit de continuels brigandagesaux environs. On dit qu’Hercule revenant d’Efpagne, après avoirtué Géryon , pafla près du Mont-Aventin , avec le troupeau de ceRoi qu’il e.nmenoit. Cacus lui enleva pendant la nuit quelquesbœuts, les tirant par la queue dans 1a caverne , afin que leurs pasimprimez à reculons, ne puflènt découvrir le lieu où ils étoient.Hercule ayant reconnu ce larcin , chercha vainement aux environsde la caverne de Cacus, 8c ne s'imagina pas que fes bœufs y fuffentrenfermez, parce que les veftiges donnoient lieu de croire le con-traire. Cependant il entendit le cri d’un de fes bœufs, qui fentantle refte du troupeau , commença à mugir. Aufli-tôt il enfonça laporte de cette caverne, & affomma ce Voleur à coups de maffue.Les Poètes difent, que Cacus étoit fils de Vulcain , 8c qu’il jettoitdes flammes par la bouche, peut-être , parce qu’il brûloit les mai-fons après les avoir pillées. Quelques-uns ont préténdu qu’il avoitété domeftique d’Evandre. Ils ajoutent, que c’étoit un Géant d’u-ne grandeur prodigieufe, qu’il vivoit de chair humaine, 8c qu’il étoitdemi-homme, comme on nous répréfente les Satires. D’autres di-fent , que Cacus habitoit l'Efpagne Taragonnoife, qu’il donna fonnom au Mont-Cacus, maintenant Moncaio, dans l’Aragon furiesconfins de la Caftille Vieille ; qu’il étoit affreux à voir, & d’unehumeur extrêmement fauvage, ce qui avoit donné lieu de l’appellerDemi-homme ; qu’il avoit inventé certaines armes à feu , 6c une pou-dre femblable à notre poudre à canon , ce qui le fit pafler pour lefils de Vulcain ; enfin qu’il pourfuivit Hercule jufques en Italie, oùil lui déroba quelques-uns de fes bœufs. * Tite-Live, i. Vir-gile, 'Enéide, l. 8. v.222. 259. Ovide , Faft. I. 1. 550. Proper-

ce, l. 4. Eleg. 10. v. y. Gerund. I. 1. Paralip. Hifp. Martial, l. j.Epigr. 67. v. j. Solin , c. 1. Voyez, les Notes deSautnaife fur Solia.

CAD.

C ^ADAGUES, ou Cap de ffuers, ou Cap de Çreuz , en La*J tin Cadacherium Fromontorium , & Cet put Aquarum, bon bourgd’Efpagne, fitué dans la Catalogne à une lieue 6c demi de la villede Rofes fur le Cap de Creuz. Il y a un allez bon port. * Maty,Dicl. Géogr.

CADALOÜS ou CADOLUS, Evêque de Parme,fut élu Pape l’an toôi, par la ta dion de l’Empereur Henri IV ,contre Alexandre II, qui avoit été élevé fur le feint Siège par lesCardinaux, après la mort de Nicolas II. Cadaloüs fut reconnu fousle nom d’Honoré II, par les Evêques 6c par les Princes de deçà lesAlpes. Il vint avec une armée devant Rome pour fe mettre enpollèflion de cette ville ; mais il fut repouffé par les troupes de Go-defroy Marquis de Tofcane 6c de Mathilde fa femme, qui avoitpris le parti d'Alexandre, 5 c fut contraint de fe retirer à Parme.Cette première tentative ne lui ayant pas réiifli, il revint une fécon-dé fois avec un plus grand nombre de troupes , 6c s’empara de lapartie de la ville nommée Léonine 6c de i’églife de faint Pierre ;mais il fut encore chaffé , 8c fes troupes miles dans un fi grand def-ordre, qu’il penfa être pris, 6c fut obligé de s’enfermer dans le châ-teau Saint-Ange, d’où il eut bien de la peine à fe fauver, en donnantde l’argent à ceux qui l’avoient affiégé. Quelque tems après, on af-femblaun Concile à Mantoue pour juger le différent, qui étoit en-tre Alexandre 6c Cadaloüs. Cadaloüs y foutint fbiblement fon droit8c fe retira. Alexandre y fut reconnu pour Pape légitime, mais onl’obligea à pardonner à Cadaloüs. Ce Concile fut tenu l’an 1064,en préfence de Hannon Archevêque de Cologne, qui étoit le prin-cipal Adminiftrateur des affaires d'Allemagne fous l’EmpereurHenri IV. Cadaloüs mourut depuis miférablement, fans avoirvoulu renoncer à la qualité de Pape. * Léon d Oftie, l. 3. ch. 20.Platine dans AlexandreII. Baronius, A. C, ioâi. 1062.1064. DuPin, Biàlioth. des AuteursEccléjîajliques , onzièmeJiécle.

CAD.

CADAMUSTI, (Louis) de Venife, a vécu vers l’an1504. Il publia une Relation de fes Voyages de mer, que nousavons en Latin par les foins d’Archangélo Madrignani

CAD AO N. Voyez Z AD AON.

CADARIENS, Secte parmi les Mufulmans, qui attribueles aérions de l’homme à l'homme même, 6c non au Décret divinqui détermine fa volonté. Le premier Auteur de cette Se été futMaabed Ben Khalid Al-Giohni, que Hégiage fit mourir à Balfora.

Ben Aùn, un des plus célébrés Doéteurs du Mufulmanifme, nefa-luoit point les Cadariens, 6c difoit qu'ils étoient les Mages'ou lesManichéens du Mufulmanifme, parce qu’ils admettoient deux prin-cipes, favoir, Dieu 6c l’homme. Schaabi difoit, que pour n'êtrepoint Cadarien 6c Motazale (car c’eft la même choie) il faut rap-porter toutes les bonnes aérions à Dieu, 6c les méchantes à l’hom-me. * D’Herbelot, Bi&iioth. Orient. Voyez auflt K A D A R I-T E S.

C A D A V A L, famille ducale fort illuftre en Portugal. JeanIV, Roi de Portugal créa pour premier Duc de Cadaval, Nun Al~varez de la Maifon de Mélo, lorsque celui-ci étoit encore fort jeu-ne. Le Duc de Cadaval dans les troubles qui s’élevèrent entre Al-phonfe VI, 6c Dom Pédro, prit le parti du dernier, qui étant de-venu Roi, fit le Duc de Cadaval fon premier Miniftre. Il occupeencore le même pofte fous le Roi d’aujourd'hui. Ii y en a quiavancent qu’il a toujours été partifan de la France 8c que c’eft pourcela qu’il s'eft allié deux fois avec des familles Françoilès. * Leh-man, apud Imhof. in Mantiffa Stemmat. Lufit. Rélation de la Cour dePortugal fous D. Pédro II.

CADAVRE ou CORPS MORT. Il n’y a pointde nation qui n’ait eu fes cérémonies pour l’enterrement des morts.

Les Romains gardoient pendant huit jours le corps dans la maifon,

8c pendant ce tems l’on mettoit d'ordinaire un cyprès à la porte,fur tout fi c’étoit une perfonne riche, pour empêcher le monde d’en-trer; le huitième jour ils faifoient avertir le peuple par un Crieur,afin qu’il affiftât à l’enterrement, Exequias L. Titio L. fi-

JLIO qUlBUS EST COMMODUM, IRE.JAM TEMPUS EST:

ollus ex ædibus effertur. C 'eft cet avertillément au peu-ple que Feftus appelle Funus indiclivum. Le peuple étant arrivé,on mettoit le corps dans une efpéce de lit, avec des linceuls fort pro-pres. Les Pleureulès alors fe p.éfentoient devant la maifon du dé-funt, où elles tâifoient de leur mieux pour marquer une trifteflè {quelles ne fentoient point: elles verfoient des larmes en concert,

6c pleuroient allez haut pour faire une efpéce de mufique funèbre.

La pompe funèbre marchoit ; un Joueur d’inftrument précédoit lecorps, 8c chantoit les louanges du Défunt. Lorsque les Anciensmettoi'ent le corps fur le bûcher pour le brûler, on lui ouvrait lesyeux comme pour lui faire regarderie ciel; 6c l’ayant appellé plu-fieurs fois à haute voix, le plus proche parent mettoit le feu au bû-cher avec une torche, en tournant le dos pour dire que c’étoit à re-gret qu’il rendoit ce fervice au Défunt. Pline veut que l’ufage debrûler les corps des Défunts, ne foit pas fort ancien à Rome ; vu,dit-il, que nous ne voyons pas qu’aucun de la famille de Cornéliusait été brûlé jufques à Sylla ; mais Pline femble fe contredire lui-même , puisqu’il écrit que le Roi Numa défendit d’arrrofer de viales feux qu’on allumoit pour brûler les corps. Audi Plutarque affure, que le même Numa défendit expreflëment qu’on brûlât foncorps après fa mort ; qu’il ordonna de faire deux tombeaux depierre, dans l’un defquels on mettroit fon corps, 6c dans l’autreon enfermerait les livres facrez qu’il avoit compofez fur la Reli-gion 8c fur le culte des Dieux : ce qui eft une preuve que l’ufage debrûler les corps eft fort ancien, 6c qu’il fe pratiquoit même de fontems. Les loix des douze Tables faites trois cens ans après la fon-dation de Rome, qui défendoient d’enterrer 6c de brûler les corpsdans la ville, ne favorilent point le premier fentiment de Pline; 6cl’on n’en peut rien condurre autre chofe, fi ce n’eft que les deuxmanières d’enterrer les corps 8c de les brûler, étoient en ufage; 8cqu’il n’étoit défendu de les brûler 6c de les enterrer dans la ville,qu’à caufe de l’infeftion 6c des incendies qui en pourraient arriver.

Cicéron nous apprend que la coutume d’enterrer les corps fut in-troduite à Athènes par Cécrops, 6c qu'on les enterroit du côté dufoleil couchant; au lieu qu’à Mégare ils avoient le vifage tourné aufoleil levant. La coutume d’enterrer les corps a duré fort longtemspar toute la Grèce.

Les Egyptiens embaumoient les corps des défunts, pour les pré-ferver de la corruption. Les Ethiopiens avoient divers ufages;quelquefois ils lesjettoient dans le courant des fleuves 8c des riviè-res, quelquefois ils les brûloient, ou ils les enfermoient dans desvailièaux de terre cuite, félon le témoignage d’Hérodote 6c de Stra-bon. Les Indiens les mangeoient, pour leur donner, par ce beaufecret une fécondé vie, les changeant ainfi en leur propre fubftance.Pour ce qui regarde ceux qu’Hérodote appelle Macrobiens,c’eft à dire, de longue vie, on defféchoit leurs corps, puis on pei-gnoit leurs vifages avec du blanc, leur donnant leur coloris naturel.

On les enfermoit aUùite dans une colomne de verre, puis ayantgardé le corps un afi en cet état, on l’expofoiten quelque lieu prochede la ville, où on levoyoit. Diodore de Sicile rapporte, qu’il yavoit certains peuples qui brûloient les corps, puis enfermoientleurs cendres & leurs os dans des ftatues d'or, d'argent, 8c depoterie, les revêtant de verre par deflùs. Les Garamantes les en-terraient fur le bord du rivage dans le fable, afin qu’ils fuflènt lavezdes eaux de la mer.

Pour revenir à la coutume des Grecs 8c des Romains de brû-ler les corps, le corps du défunt ayant été confumé par le feu,après que les Affiftans lui avoient dit le dernier adieu , Valeaternum, nos eo ordine quo natura voluerit, fequemur, les prochesparens en ramafloient les cendres, 6c recueilloienr les os que l’onarrofoit d’eau luftrale, 6c qu’on enfermoit dans des urnes de ma-tière différente, pour les mettre enfuite dans des tombeaux, verfantdeflùs des larmes, qui étoient reçues dans de petites phioles appel-lées lacrymatoires, qu’on enfermoit pareillement avec lurne dans le

tom-