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2 (1740) Lettres B - CHEG
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2 CAB.

phore, l. 16. Hft. Mifcel. ij. Théophane. Cédréne. Pagi , Crit.Annal. Baronii, ann. 481.496. 501. 530.

CAB AIGN AC, petit lieu du Haut Languedoc, vers lafourcë du Girou, entre TouloufeSc Carcafl’onne.* Maty, Dift.Géogr.

CABALE ou CABBALE, Seéte qui a été parmi lesJuifs. Ce mot de Cabale eft tiré de l’Hébreu Kibbel, qui veut dire,tradUit, il a enfcigné. Ainfi les Cabaliftes font cj£S gens qui fe fontprincipalement attachez à la tradition des Anciens, ou à la fciencequi renferme, à ce qu’ils prétendent, tous les myftéres de l’ancien-ne Loi, lesfecrets du nom ineffable de Dieu, les hiérarchies céle-ftes, lesfciences des nombres, 8cc. Ils enfeignent que les fecretsde la Cabale furent découverts à Moïfe fur le Mont de Sinaï, 8cqu'ils font venus de père en fils jufques à eux fans interruption, &fans aucun ufage des lettres, parce qu’il n’eft pas permis de les écri-re. On croit que cette Seéte étoit déjà formée dès le tems de J. C.& que des Juifs vifionnaires croyoient même que le Sauveur n’opé-roit des miracles, qu’avec le fecours de la Cabale. Le premier Au-teur Cibalifte que l’on connoilfe, eft Simon fils de Jochaï, queles Juifs 8t quelques Chrétiens vantent beaucoup, & qu’ils préten-dent avoir vécu peu de tems avant la ruine de Jérufalem par Tite.Mais d’autres ne le placent qu’au dixiéme fiécle. Les Cabaliftes di-vifent leur fcience en Théorétique , qui ne confifte que dans la fpé-culation 8c dans la recherche de ces myftéres ; & en Pratique , quiconfifte dans les talifmans, & dans la connoiflànce des aftres, &peut-être dans la Magie, 8c dans la recherche de la Pierre philofo-phale. Car la Cabale eft la fource de toutes ces vaines imagina-tions, qui font le fondement de la Magie. 11 y a plufieurs Juits en-têtez de la Cabale, qui s’addonnent à la Magie en abufant du nomde Dieu 8c des Anges, dans la vue de faire des chofes furnaturelies.Il y a apparence que la Cabale tire fon origine de la Philofophie dePythagore & de Platon, que quelques Juifs ont mêlée avec lejudaïf-me, 8c chargée d’une infinité de rêveries, nées de l’oifiveté & de lafuperftition ; comme cela fe voit dans les livres d’Adam, d’Enoc,de Salomon, de Zohar, de Bahir & dans plufieurs autres. Dansles premiers fiée les de l’Eglilë, les Hérétiques donnoient facile-ment dans ces fuperftitions cabaliftiques. Les Valentiniens, &fur tout les Bafilidiens y étoient attachez, 8c on trouve encore desagathes de ces derniers, avec des médailles gravées, & chargées defigures hiéroglyphiques allez femblables aux talilfnans Judaïques.On voit encore de leur façon quelques unes de ces figures que lesLatins nommoient Amuleta. C étoit un remède préfervatif, qu’onattachoit au cou des enfans, ou même des animaux, contre toutesfortes de maux, & particuliérement contre les enchantemens.

Le P. Kirker Jéfuite, qui s’eft bien donné de la peine à ces fortesde découvertes, entre dans un détail plus précis. Il divife la Ca-bale en trois parties , que l’on nomme Gamétria, Motarica , & Thé-wura. La Gamétrie eft une interprétation qui fe fait, parla tranf-pofition des lettres du mot. Par exemple, il eft dit dans l’Exode,Tracedet te Melacbi , c’eft à dire, Angélus meus. Les Cabaliftes trouventque cet Ange eft S. Michel, parce que les lettres de Melachi, étanttranfpofées font Michael. La-Notarique fait de chaque lettre un motentier, ou explique un mot par un autre qui contient le même nom-bre. Il eft écrit dans le Pfeaume 3, Multi infurgunt in me. Lemot Hébreu qui lignifie multi, eft compofé d’une R, d’un B,d’un I, Sc d’une M. De là les Cabaliftes conjeéturent que ces en-nemis font les Romains, les Babyloniens, les Ioniens, c’éftàdire,les Grecs, & les Médes. Ils difoient aufli que Maçon eft le mêmenom que Jehova, parce que les lettres de ces deux mots écrits enHébreu, font le même nombre de 186. L’art que l’on nommeThémura ou Ziruph, confifte dans le changement des lettres que l'onfait équivalentes en certaines combinaifons. En voici un exempledans la langue Latine. Après avoir fait la combinaifon des lettresen cette manière, A, B. I. C, D, I E, F, 8cc. on prétend queles deux lettres de cette combinaifon fe mettent l’une pour l’autre,& que ce qui fera écrit D A C E, le pourra dire C A D E, c’eftà dire, Tombez ,. Cette Cabale dans toutes ces trois parties n’eftbonne qu’à amufer les petits Efprits ; car pour reprendre les mêmesexemples, au lieu de Michael, ne peut-on pas dire, Chamiel; Ki-tna'él, &c. c’eft à dire, Ange de feu, Ange de places, 8cc. Parles quatre lettres R, B, I, M, on peut entendre les Rabbins, lesBaétriens, les Italiens, & les Moabites. Cette divifion de la Ca-bale n’eft qu’une fuperftition inventée par les nouveaux Rabbins.Les plus habiles divifent la Cabale en deux parties, l’une appelléeMercava, c’eft à dire, fcience du Chariot, & l’autre Berefith, c’eft àdire, ouvrage delà création. Celle-là confidére le monde intelle-ctuel, & eelle-ci le monde vifible. Reuchlin ou Capnion, quiétoit un très-favant homme du dernier fiécle, s’amufa à écrire fur cet-te matière, De Cabala & verbo mirifico. On a imprimé en Alle-magne Ars Cabaliftica. * Porta lucis de Pic de la Mirande. U mamanna. Liber Jezira. Le Traité des Talifmans de Gaffarel. • Le P.Morin. M. Simon. Athan. Kirker, inOedipo Ægyptiaco.

CABALE, endroit dans la Sicile où Denys le Tyran gagnaune bataille contre les Carthaginois. * Diodore de Sicile, liv. 15.C’eft aulïi le nom d’une ville de Cilicie. * Appien. C’eft aulfiune ville de Thrace. * Cédréne 8c Zonaras. Ces Auteurs font men-tion d’un château de ce nom près d’Iconie.

* CABALICH, ville d’Afie dans le Turkeftan fituée au103 degré de longitude, & au 44 de latitude feptentrionale. Il nefaut pas confondre cette ville avec celle de Khan Balek qui eft au124 degré de longitude, 8c au 46 de latitude ; mais il eft incertainà laquelle de ces deux villes nos Voyageurs donnent le nom deCambalu. * D’Herbelot, Biblioth. Orient.

CABALLIN, Caballinus , Fontaine d’une eau très-clairedu mont Hélicon dans la Béotie, conlâcréé aux Mufes. Les Grecsla nomment Hippocréne , c’eft à dire, Pons equi, la fontaine duché-vel, parce que le Cheval Pégafe après avoir frappé une roche defon pié, en fit fortir une fontaine ; ce qui fait que Strabon la nommek Pégafe. Perfe en parlant de cette fontaine dans fon Prologue, af-fure qu’il n’y a jamais bu.

CAB.

Mec fonte labra prolui Caballino ,

Et Properce, l. 3. Elégie 1. v. 1.

Vifus eram molli recubans Heliconis in umbra,Belletophontsti qua fiait humer equi.

Stace, l, 2 .Silv. 7. in Genethliaco Lucani, v. 4. dit

Pendentis bibit unguia liqmrem.

C A B A L L O , (Emmanuel) illuftre Génois, a immortaliféfon nom par une entreprife très-hardie qu’il fit, pendant que lesFrançois affiégeoient la ville de Gènes. Après feize mois de liè-ge , les François qui s’étoient emparez de la citadelle, avoient ré-duit les Génois à la dernière extrémité. Un vaiiïèau Génois chargéde vivres & de munitions, parut près de la ville, & ne' lâchant pasque la citadelle fût prilè, alla s’y ranger, dans le dellèin d'éviter laflotte des ennemis. Les Génois s’étant apperçus de cette erreur nefongeoient plus qu’à fe rendre, lors que le brave Caballo demandaun vaiiïèau, pour délivrer celui qui étoit pris. Une troupe de jeu-nes gens fe joignirent à lui, & ils tirèrent droieà la citadelle, paiikntau milieu des François, malgré les continuelles décharges que l’onfaifoit fur eux. Lors qu’ils y furent arrivez, Caballo coupa lescordage* du vaiiïèau qui y étoit arrêté, 8c l’emmena dans la ville.Cette aéïion généreufe fut fuivie des acclamations 8c des applaudiliè-mens de tous les Génois, qui regardèrent Caballo comme le libéra-teur de la patrie, 8c lui rendirent des honneurs extraordinaires.Cela arriva en 1313. * Ub. Fogüeta, Elog. Clar. Viror.

CABARNES, Cabarni, étoit le nom des Prêtres de Cérèsdans Paros. Ce mot dans fon origine eft Phénicien ou Hébreujuanp/ Carbanin, qui vient du mot mp / car a b , ottrir, d’où vientjanp/ Corban, oblation, offrande. Jolëphe fait voir par Théophra-fte que ce mot étoit en ufage dans ce fens parmi les Syriens. * Hé-fychius. Suidas. Etienne de Byzance.

CABASILAS, ( Nicolas ) Grec de Nation , Archevê-que de Thelfalonique, vivoit dans le XfV fiécle, fous l'Empiredes Andronics. Il étoit nemi de Nil Cabalilas Archevêque deThellàlonique, qui l’envoya l’an 1346, à l’Empereur Cantacuzénepour lui propofer de quitter l’Empire. L’an 1347, Cabafilas furenvoyé par Cantacuzéne qui venoit de fe mettre en polîèffion deConftantinople, vers l’Impératrice Anne lui faire des propofitionsde paix. Il fuccéda l’an 1350, à fon oncle dans l’Archevêché deThellàlonique. Il foutint le Schifme des Grecs, 8c écrivit deuxTraitez contre les Latins, l’un des caufes de la divifion des deuxEglilès, & l’autre de la primauté du Pape, 8c une expofition de laLiturgie Gréque, que nous avons de la Verfion de Gentien Her-vet, 8c qu’on a depuis mile dans la Bibliothèque des Pères. On aencofe de Cabafilas un Traité de la Vie en Jefus Chrift, partagé enfix livres, où il parle des Sacremens ; 8c un Difcours contre les Ufu-riers. Il avoit outre Cela compofé un grand Traité de la Procef.fion du Saint Efprit, 8c quantité d’Opufcules 8c d’Homélies qui n'ontpoint été imprimées, mais que l’on trouve dans les Bibliothèques.On lui attribue quelques autres Ouvrages qui ne font pas de lut.Les deux premiers Traitez ont été imprimez à Londres en Grec &fans date; à Bâle en Grec 8c en Latin en 1544 8c en 1333 ; avecles Notes de Saumaife à Hanau en 1608 ; 8c à Amfterdam en 1645.L’Expofition de la Liturgie a été imprimée en Grec à Paris en 1524,8c la Verfion en avoit déjà été imprimée à Venife en 1343 , 8c àAnvers en 1560. La Traduction des fix livres de la vie en fefittChrift a paru à Ingolftad en 1604. Les Ouvrages de cet Auteur fontpleins d'érudition, 8c écrits avec beaucoup d’ordre 8c de netteté.

* Jean Cantacuzéne, /•. 3. c. 53. é- 99- /• 4- c • 16. Bellarmin,Script. Ecclef Hervet. Poffèvin. Sponde. Pontanus. Léo Allatiusde Nilis. Du Pin, Bibliothèque des Auteurs Ecclêjiaftiques du XVIfiécle.

v. LiüiyiJt uucmiiiiuiimic rrovençai ,

natif de Cavaillon ville de Provence, fut Chanoine dans fa cathé-drale, puis Archidiacre, Prévôt, 8c Evêque de la même ville,en 1334. Il fut honoré de la qualité de Chancelier de Sancha,Reine de Sicile, par fon mari Robert en 1341, pour’gouvernerle Royaume avec cette Princeflè pendant la jeuneliè de Jeanne f*petite-fille. En 1366, il fut nommé Patriarche de Jérulalem , 8cfut chargé de l'adminiftration de l’Evêché de Marfeille. Enfin Ur-bain V l’éleva à la dignité de Cardinal, 8c le fit fon Vicaire Géné-ral pour le fpirituel 8c pour le temporel, dans le Diocéfe d’Avi-gnon. Il fut aulfi fait Evêque de Sabine. Grégoire XI lui donnale Gouvernement des Terres du faint Siège en Italie dans le temsque les Papes réfidoient à Avignon. Il mourut à Péroufe en 1372,8c fon corps fut porté en Provence, où il eft enterré à la Chartreu-fe de Bon-Pas. On attribue à ce Cardinal un Traité de Mugis Cis-rialium, desS«rmrf.s, 8c deux livres de la Vie 8c des Miracles defainte Marie-Magoélaine, qui font dans la bibliothèque de faint Vi-étor à Paris. Pétrarque , qui avoit beaucoup de part à fon amitié,lui dédia forulivre de la Vie folitaire, 8c lui écrivit diverfes let-tres. Les autres Auteurs de fon tems parient aulfi de lui avec élo-ge. * Pétrarque, /. 2. Epifi. 1. & 2 - & l.^.Epifi. 1. 95. & 9 $-Sainte-Marthe, Gall. Chriftiana. Frizon, Gall. Pur pur. Baluze, Vi-te. Paporum Avenionen/mm , tome 1 .

CABASSUT (Jean ) Prêtre de l’Oratoire, né en Proven-ce , eft mort en 1683 > âgé de 81 ans. Il a donné de grands exem-ples d’humilité, deretraite continuelle,de mortification8c dedefinté-relfement admirable. Le Cardinal Grimaldi le choilit pour fon Dire-éteur, le mena à Rome, où il fut fort eftimé, 8c le détermina àdonner divers Ouvrages au public, line perdoit jamais de tems;mais il interrompoit fes études, dès qu’on lui venoit propofer des Casde Confcience, ou des difficultez, 8c il les décidoit avec une clarté,une précifion 8c une modeftie qui gagnoit tous les cœurs. Les per-

fun-

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