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3 (1740) Lettres CHEI - E
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2 EAT. EAU.

fut arrêté prifonnier, avec fix de fes confrères , & auroit été déca- ipité, li le Roi d’Angleterre ne fe fût intéreflë pour lui. Il compo-û divers Ouvrages en Hébreu & en Latin, 8c mourut à Rome l’an1396. * Théodore de Niem, de Schifm.lib. 1. c. 41. efi S 7 - Pit-feus & Balæus, de Script. Angl. Godwin, de Epifc. Angl. Aubery,Hift. desCard. Onuphre. Ciaconius. Sponde, 6cc.

EATE, (Æatus) ennemi juré des Béotiens , avoit une foeurnommée Polyclée, 8c tiroit fon origine d’Hercule. L’oracle avoitprédit que le premier de cette famille, qui ayant palfé le fleuve A-chéloiis, mettroit pié à terre, feroit maître du pais. C eft pour-quoi, lorsque leur armée fut prête de paflèr la rivière, Polyclée febanda le pié , feignant d’y avoir mal , 8c pria fon frère Eate de lapalier fur les épaules. Dès qu’ils furent arrivez au bord , Polycléefe jetta à terre , 8c lui dit que, fuivant la réponfe de l’oracle, elleétoit Reine de ce païs, puisqu’elle y avoit mis le pié la première.Alors Eate reconnoiflànt la tromperie de fa fceur , bien loin de lablâmer, la loua de fon adreflè, 8c l’époufa. Ainfi ils gouvernèrentenfemble ce païs, 8c eurent un fils nommé TheJJalus, qui donna fonnom à la Theflàlie. * Polyen, l. 8.

'EATON (Samuel) Eccléfiaftique , Anglois du parti des In-dépendans, & fils de Richard Eaton Prédicateur en Chefterlhire,fut élevé à Oxford 8c paflk enfuite dans la nouvelle Angleterre. A-près fon retour il établit une Eglife congrégationale , 8c prêcha à Stock-port. Quoiqu’il fût bon Théologien, fes Auditeurs fort prévenusen faveur de leur fageflè fpirituelle , ne laifférent pas de lui fairebien de la peine. L’Aéte de conformité le priva de fon emploi en1662. Il mourut deux ans après, eflimé de chaque parti. Il a é-crit en Anglois, le Myftére de Dieu dans la chair, contre Jean Know-les, 8c une défènfe de cet Ouvrage. * Calamy, ofejeâ. Minift.

EATON, en Latin , JEtonia, ou Etona, village ou bourgd’Angleterre , dans la contrée du Comté de Buckingham, qu’on ap-pelle Oke, fur laTamife, vis à vis de Windfor. Elle eft célébrépar un Collège, qui y a été fondé par le Roi Henri VI, où l’on en-tretient outre les Maîtres, foixante Ecoliers gratis. On leur apprendla Grammaire , jufqua ce qu’ils foient reçus dans le Collège Royalde Cambridge. * Cambden.

EAU LUSTRALE, dont les Anciens le fêrvoient,pourfe purifier dans leurs facrifices. Iis n’employoient pas indiffé-remment toutes fortes d’eaux pour ce fujet. Les Romains en en-voyaient quérir ordinairement à la fontaine Juturne, proche du fleu-ve Numique, 8c les Athéniens à celle qu’ils appelloient Callirhoé,les Trézéniens à la fontaine d’Hippocréne , 8c les Perfes au fleuveChoalpès, fe fervant toujours des eaux coulantes 8c claires, commede celles des rivières les plus rapides, ou de la mer, qu’ils bénif-foient à leur manière. Hofpinien 8c Pontanus veulent que les An-ciens fe foient feulement fervis de l’eau toute pure , fans aucun mé-lange , pour faire leur eau lufîrale , fondez fur ce paflàge du livreVI. de l'Enéide, v. 229.

Idem ter focios pur À circumtulit undà ,

Spargens rore levi.

N éanmoins du Choul, parlant de cette eau lufîrale, dit qu’ils pre-noient les cendres du bois, qui avoit fervi à brûler laviétime, oude quelques morceaux de bois de cèdre , d’hyflope, 8c de cumin,qu’ils jettoient dans le feu du facrifice, lorsqu’il venoit à s’éteindre,pour en faire leur eau lufîrale ou facrée, qu ils mettoient à l’entréede leurs temples dans de grands vafes , 8c dont ils fe purifioient en yentrant.

Ils avoient auffi des vafes plus petits, ou bénitiers, dans lesquelsils mettoient de cette eau, dont ils arrofoient les aflîftans avec desgoupillons aflez fembiables à ceux dont on fe fert dans l’Eglife Ro-maine.

Ovide parle encore de l’eau de Mercure , qui étoit auprès de laporte Capéne, dont les Marchands s’arrofoient , croyant effacerpar là les injuffices 8c les tromperies commifes dans leur commer-ce. Les Anciens avoient la fuperflition de vuider toute l’eau d’unemaifon , 8c celle des voifins, lorsqu’une perfonne venoit à y mou-rir , efiimant que l’Ange de la mort ou Satan, qui s’apparoit à tousles mourans , alloit laver dans cette eau l’épée dont il avoit tué lemort. * Danet, Antiq.Gréq. (fi Rom.

EAU DU SOLEIL, fontaine proche du temple de Jupi-ter Amman , dans la vraye Libye en Afrique, où eft maintenant leRoyaume de Barca. Au point du jour elle eft tiède , à midi froi-de , vers le foir elle s’échaufè peu à peu , 8c à minuit elle eft toutebouillante : puis à mefure que le jour approche, fa chaleur diminue,continuant toujours dans cette viciffitude. Elle eft ainfi nommée,parce que fes qualitez changent , félon l’approche ou l’éloignementdu foleil. * Silius Italicus en parle ainfi, liv. 3.

Stat fano vicina, novum (fi memorttbile , lympha ;

Gfu& nafcente die, que déficiente tepejcit :

Jgustque riget, medium cum Sol accendit Olympum ;

Atque eadem rurfus noclurnis fervet in umbr'is.

E A U C H, ou Eagh, lac en Irlande, qui fépare le Comté deTyr-Oen de celui de Down. Il eft long d’environ trente milles,fort abondant en poiffon, 8c ceint de forêts, de prez 8c de champsfertiles. Proche de ce lac eft la fortèreffe que dreflàle Viceroi Char-les de Montjoy. Il y a quelques Iles dans ce lac, 8c la rivière de Bandten fort du côté du Septentrion. On le trouve fous le nom de Neaughdans toutes les cartes modernes ; mais plufieurs Géographes , com-m eOrteüus, Varrée, 8cc. prétendent qu’il eft mal nommé. * Da-vity , Comté de Tyr-Oen. Th. Corneille , DiB. Géogr ,

E A U L N E ou EAUNE. Voyez E A U N E.

* E A U N E, petite rivière du païs de Caux dans la Normandieen France , coule du fud-eft au nord-oueft depuis Mortemer, oùelle prend fa fource , jufques à Envermeu, où prenant fon cours,de l’eft à l’oueft, elle va fe décharger dans la rivière d’Arque s.

E AU. E B A.

EAUSAN', petit païs de l’Armagnac, prend fon nom de laville d’Eaufe qui y eft renfermée.

E A U S E, dans le païs d’Eaufan fur la Gelize , ville ruinée deFrance dans l’Armagnac, étoit autrefois le fiége Métropolitain de laNovempopulanie. Les Latins la nomment Elu fa ou Elufaberis , 8cPomponius Mêla en fait mention , auffi bien que les anciennes No-tices des provinces, 8c les foufcriptions des Conciles. Evaric, Roides Goths , pilla cette ville , fur la fin du V fiécle ; mais il ne laruina pas ; 8c s’il le fit , les Prélats d’Eaufe avoient transféré leurfiége en quelqu’autre lieu. En effet, nous voyons que Clarus fou-fcrivit, l'an 306, au Concile d’Agde avant Nicet d’Auch, qu’onprétend avoir été Métropolitain. La même chofe fut obfervée dansle premier Concile d’Orléans, tenu l’an 511», entre Léonce d’Eau-fe 8c Thedradus d’Auch. Il eft vrai qu'en cet endroit les exemplai-res ont été corrompus ; car il y a loloftma Metropolitanus pour Elu-fana ; mais on fait afl'ez que Touloufe n’eft Métropole que depuisJean XXII. Afpafius fe trouva au II. IV. 8c V. Conciles d’Orléans,l’an 533, 541, 549, 8c au II de Clermont. Un favant Dofteur deParis ne convient pas qu’il ait été Métropolitain ; mais il eft le feulqui combatte cette opinion. Laban affïfta l’an 3 73 au IV Concilede Paris, 8c l’an 383 au lècond de Mâcon. Défidérius ou Défi-dératus lui fuccéda, comme nous l’apprenons de Grégoire de Tours,8c Sénocus après lui, foufcrivit au Concile de Reims, vers l’an 630,félon Flodoard. Ainfi la ville d’Eaufe ne fut entièrement ruinée,que par les courfes d’Abdérame , ou des Normans dans la Gaf-cogne. Du moins c’ell feulement depuis ce tems, que l’Eglifed’Auch eut le titre de Métropolitaine de la Novempopulanie, &que les revenus de celle d’Eaufe lui furent unis. Cela fût ordonné,ou par un Concile, ou par les Décrets des Papes ; 8c il faut croire quecette tranflation fe fit avant l’année 879; ce qu’on peut juger parune lettre du Pape Jean VIII, à Airard d’Auch ; 8c par la Noticedes provinces, faite par l’ordre de Charlemagne. Aujourd hui ona bâti un bourg nommé la Ciutat, c’eft à dire , la Cité , vers lesmafures de l’ancienne ville d'Eaufe. Sulpice Sévére remarque queles Prifcillianilles d’Efpagne s’efforcèrent inutilement d’infèfter cetteville de leurs erreurs ; 8c que les peuples s’oppofant à leurs deflèins,y témoignèrent une fidélité inviolable pour la vérité. Ceux qui li-ront Ammien Marcellin, doivent obferver qu’il fe trompe, en met-tant Eaufe Métropolitaine dans la Gaule Narbonnoife, pour direla Novempopulanie ; 8c que les exemplaires corrompus ont Clufapour Eleufia. Sidoine Apollinaire , 8c divers Auteurs, parlent decette ville. * Sidonius Apollinaris, lib. 7. Epift. 6 . Sulpice Sévére,liv. 2. Hifi. Sacr. Grégoire de Tours , liv. 8. c. 22. PomponiusMêla , liv. 3. c. 2. Ammien Marcellin , liv. 13. Flodoard, liv. 2.Hijl.Eccl. Rhem. c. 3. Oihénart , Netit. utriufque Vafcon. Sirmond ,Kot.in Sidon. pag. 73. 74. Bajol , liv. 2. Hifi. Sacra Aquit. c. 4. J.Filifeau , de Epifcop. Auclor. c. 2. num. 4. Dupleix, Mémoires deFrance, liv. i.c. 6 . (fi Hift. enChild. pag. 30. JofephScaliger , inNotit. G ail. (fi in lecl. Aufon. liv. 2. c. 7. Le Mire, Géographie Ec-cléfiaftique. Sainte-Marthe, Gall.Chrift.tome i.pag. 93. De Mar-ca, H fi. de Béarn (fie.

E A U X de jaloufie, que l’on faifoit boire aux femmes foupçon-nées d’adultére, nombres,ch. 3. v. 17. 18. 8cc. Les Juifs ne prati-quent plus cette manière d’épreuve depuis la ruine du Temple parles Romains ; mais fi un mari conçoit quelque foupçon contre fafemme, il lui défend de voir celui qui lui lait ombrage ; li ellecontinue à le voir , qu’on les trouve enfemble , 8c que les indicesfoient fort contre elle, alors il eft contraint par les Rabins de la ré-pudier , quand même il ne le voudroit pas, 8c de s'en féparer pourtoûjours. Il eft certain que depuis très long-tems les peuples d'O-rient font dans l’ufage de faire fubir des épreuves de différentes for-tes , à ceux qui font foupçonnez de quelques crimes qu’on ne peutdécouvrir par les voyes ordinaires. Les plus communes des é-preuves font celles du fer chaud, 8c des eaux bouillantes. Elles fontà préfent communes dans la Chine. Lorsqu’un homme eft accu-fé d’un crime qui mérite la mort, on lui demande s’il eft difpoféà fubir l’une ou l’autre de ces deux épreuves; s’il s’y foumet, onlui met fur la main fept feuilles d’un certain arbre, 8c par deflùsles feuilles un fer rouge. Il le tient pendant quelque tems, puis lejette par terre. Aufli-tôt on lui enferme la main dans une poche decuir, qui eft en même tems cachetée avec le fçeau du Prince. Aubout de trois jours, fi fa main fe trouve laine 8c entière , il eft dé-claré abfous, 8c fon accufateur condamné à payer un marc d’or en-vers le Prince. L’épreuve de l'eau fe fait en jettant un anneau dansune chaudière d’eau bouillante. Si l’accufé l’en retire fans fouffrirde brûlure, il eft reconnu innocent. Cette épreuve eft connue dansSophocle 8c elle a été fort long-tems en ufage parmi les Chrétiens dela plus grande partie de l’Europe. On prétendoit même la fairepaflèr pour bonne 8c religieufe puisqu’on trouve des Méfiés 8c desprières qu’on difoit dans ces occafions. Les Indiens font encore au-jourd’hui dans ces pratiques. Les Cafres obligent ceux qui fontfoupçonnez de quelques crimes capitaux, à avaller du poifon, àlécher un fer chaud, ou à boire de l’eau bouillante, dans laquelleon a fait cuire des herbes amères. Les Nègres de Loango 8c de Gui-née , les Siamois 8c d’autres Indiens ont la même fuperflition, &font très perfuadez que ces épreuves ne font jamais de mal aux inno-cens. D. Calmet, Diclion. de la Bible.

E A U X de Méron. Voyez SAMACHONITIS.

EBA. EBB. EBE.&c.

E B A L, fils de Joktan. Voyez H O B A L.

E B A L, fils de Sçobal. Voyez H E B A L.

E B A L, montagne. Voyez H E B A L.

* E B A N U S (Placidus) Religieux Sicilien , de l’Ordre desClercs Réguliers, où il fut reçu à Païenne le premier de mai 1634.Il a longtems gouverné, comme Supérieur dans cette ville-la , laMaifon profèfle de S. Jofeph. Avant fa mort arrivée en 1683 , ilpublia Britve Prattica per iOratione mentale, imprimé à Païenne en

1676,