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de la ville & de tout le Royaume. De là il retourna à Maroc, d’où Jil prit la route de Sus, avec quantité de cavalerie * 8c douze censTurcs de fa garde ; mais il fut affàffiné en chemin pir quelques mé-contens, l’an 1557. Abul-Mumen, un des fils du Chérif pourlùi-vit ces allalïins iur la route de Trémécen, & recouvra le thréfor defon père qu’ils enlevoient. Cependant le Gouverneur de Maroccraignant quelque lbulêvement, & que le peuple inconftant ne pro-clamât Roi Hamet, frere du défunt Chérif, qui étoit prifonnieràMaroc, le fit égorger, avec fept fils ou petit-fils qu’il avoit; deforte que les deux frères Hamet 8c Mahamed , moururent tous deuxprelque en même tems de mort violente. Mulet Abdalla,fils de Mahitned, demeura paiftble poffelfeur de l’Empire. IlJaillît pour fuccelfeur de la Couronne, Mahamed le Noir, lequelayant été privé du Royaume par Mélic 8c Hamed fes oncles, ap-pella à fon fecours, Sébaftten Roi de Portugal ; mais Mahamed 8cSébaftien furent tuez dans la bataille en 1578 , 8c Hamed femaintint dans la potièiiion du Royaume. Le Chérif de Fez fe nom-me aujourd’hui le Chérif des Chérif s-, & poflède l’Empire de Sus,les Royaumes de Tafilet, de Fez, de Maroc, de Tégorarin,&c. * Diégo de Torrès, Hijloire des Chérifs. Marmol, de l'Afri-
que, l. 2. De Thou, Hift. I.7.
C H E'R IGUANES. Voyez. CHIRIGUANES.
* CHE'RIJAR, ville d’Alie dins la province de Terenqui confine au Mazanderan. Elle eft la capitale de fa provincedont elle porte auili le nom, & d’une médiocre grandeur. Ellen’a rien qui foit digne de remarque ; mais à une lieue de là on voitles ruines d’une grande ville, par lefquelles on peut juger quelleavoit environ deux lieues de tour. Il y a encore quantité de toursde brique cuites au feu, 8c en plufieurs endroits des pans de murail-les qui fubfiftent encore. On voit plufieurs lettres taillées dans despierres qui font cimentées dans ces tours ; mais ni les Turcs, ni lesPerfans, ni les Arabes n’y peuvent plus rien connoitre. La villeétoit bâtie autour d’une haute colline, au deffus de laquelle font lesruines d’un château, qui étoit, comme difent ceux du pais, laréti-dence des Rois de Perfe. * Tavernier, Voyages dePerfe, tome 1.
/. 3.C. 4. p. 313. (y 3‘4-édit.deHollande, 1692.
C H E'R 1 L E, qu'Etienne de Byzance appelle XéipiAAo?, an-cien Poète dont la patrie n’efl pas bien connue. Etienne de Byzan-ce , au mot ’ïutrtroç, dit qu'il naquit dans la petite ifle appellée Jafe,près de la Carie. Héfychius foutient qu’il étoit de Samos, & li l’onen croit Suidas, il étoit d’Halicarnaffe. On peut concilier ces troisAuteurs, en obfervant que Pille où étoit né Chérile, étoit de ladépendance de Samos, 8c qu’étant allé demeurer à Halicarnaflë, ily aquit le droit de Bourgeoifie. Ce fut dans cette dernière ville,ainfi qu’on l’apprend des deux Auteurs citez, qu’il fe lia étroitementavec Hérodote, qu’on accufe de l’avoir trop aimé. Il s’appliqua àla Poëfie, 8c le Poe me où il décrivit la viétoire que les Athéniensremportèrent contre Xerxès, leur parut fi beau, qu’ils lui firentdonner une pièce d’or pour chaque vers. Ce qui en a été confer-vé par Ariftote dans fes livres de la Rhétorique, & par Joféphe,l. 1. contre Apion, juliifie le bon goût des Athéniens. Plutarqueafîüre dans la Vie de Lyfander, que ce Général voulut toujoursavoir Chérile auprès de lui, pour immortalifer fon nom par lesvers de ce Poète; 8c fi l’on en croit Suidas, il fut ordonné que fesPoëfies lëroient récitées avec celles d’Homére. Il avoit auffi dé-crit en vers la Guerre de Darius Roi de Perfe , dont Strabon aconfervé un beau fragment, /. 7, & il avoit encore compofé quel-ques autres Poèmes ainfi qu’on l'apprend de Suidas. Horace,Epift. I. 2. Epift. 1. v. 233, (y Art Poétique , v. 357, fait mentiondun Chérile , contemporain d'Alexandre, Auteur d'un fortmauvais Poème, que ce Prince paya très-bien ; mais s’il ne fe trom-pe pas, il y a eu deux Chériles. L’ancien inventa une forte de mé-tré qui porte fon nom, 8c dont Suidas, Marius Viétorinus, &Photius font mention. L’autre faifoit de très-méchans vers, & fonnom a palfé aux mauvais Poètes fes fucceflèurs. On dit de lui,qu’étant convenu qu’il recevroit un écu de chaque bon vers de fa fa-çon , & un fouflet d’autant de mauvais, qu’il en produirait, il futiibien payé des derniers, qu’il périt fous la main de fes débiteurs.
* Quinte-Curce, /. 8. Lilio Giraldi, &c.
C H E' RI L E, Poète Tragique d’Athènes, compofa cent cin-quante pièces de théâtre, & ne fut que treize fois vainqueur, félonSuidas. Il eft différent de Chérile de Samos, Poète de cenom, qui fut aimé de Lyfander. M. Dacier ne reconnoit quedeux Chériles, le premier qui vivoitvers laLXXV Olympiade dutems d’Alexandre fils d’Amyntas, & dont il eft parlé dans l’arti-cle précédent; le fécond qui vivoitvers la CXIII Olympiade, prèsde cent quarante ans après le premier. Même Scaliger dans fbnEufébe prétend qu’il n’y a jamais eu que le premier 8c il accufe Ho-race d’avoir fait deux fautes très-groffiéres dans ces vers, Epift. I. 2.Epift. 1, v. 232. &c.
Gratus Alexandre Régi magno fuit ille
Chærilus , incultis qui verfibus (y male natis
Rettulit acceptos,' regale numifma, Philippot.
Lune d’avoir fi mal jugé de ces vers, qu’il a traité de méchantPoète, un Poète très-excellent, & qu’on égaloit à Homère; &l’autre d’avoir écrit qu’un Poète qui vivoit du tems de Xerxès, étoitcontemporain d’Alexandre le Grand. M. Dacier répond à celaquil n’eft pas à préfumer qu’Horace, écrivant à Augufte, foittombe dans des fautes fi grofliéres. D’ailleurs, dit-il, Quinte-Cur-ce 8c Plutarque affurent qu’Alexandre avoit près de lui un Poètenommé Chérilus ; & Horace n’eft ni le feul ni le premier qui aittraité Chérilus de méchant Poète. Ariftote en avoit jugé commelui, & 1 avoit oppofé à Homère; comme lorsqu’il dit dans le hui-tième l. de (es Topiques, Il faut prendre des exemples propres & tirezde ce que nous, [avons , comme fait Homère , fy non pas comme faitChærilus , olx "O/aypot ;, pcvt ôîx, XolpiAî; ; & Quinte-Curce s’exprimeainfi, Agis quidam Argivus pejftmorum carminum poft Cherilum cmditor.
C H E. 365
„ Un certain Agis d’Argos, Je plus méchant Poète du mondé„ après Chérilus. ” * Horace avec les Notes de M. Dacier, tome <y,
p 425. édit, de 1691, faite en Hollande fur celle de Paris dont elleporte le nom dans le titre.
* C H E' R 1S ( charis ) Grammairien de Corfou j qui avoit é‘crit fur Pindare, St qui avoit lui même compofé quelques Poëfies.Le Scholiafte de Pindare 8c d’autres en font mentiom * JeanMeurfius, Biblioth. Attica.
CHE'RON, (Saint) que l’on croit avoir vécu fur la fin dticinquième fiécle, étant ordonné Diacre par fon Evêque prêcha l’E-vangile aux François nouvellement établis dans les Gaules. Aprèsavoir prêché quelque tems dans le PaïsChartrain, il voulut veniravec fes Difciples à Paris ; mais ayant été rencontré dans une forêfproche de Chartres, par des Voleurs, il y fut tué. Son corps fut re-porté à Chartres, 8c enterré fur une éminence hors de la ville.On y bâtit depuis une églife 8c on y établit une Communauté dede Clercs en 537. Ce lieu a depuis été donné en 1137, à des Cha-noines Réguliers, 8c l’on croit que fon corps y repolè. Ses Atftescompofez par un Auteur du IX fiécle, font pleins de faits qui pa-roiffent fort douteux. * Henfchenius. Bollandus. Bailler, vies desSaints, 28 mai.
* C H E'R O N (Henri) Peintre habile en portraits, fut pèrede Mlle Elizabeth Sophie Chéron cy-defîous.
* C H E' R O N (Louis) fils du précédent 8c frère de Mlle E-lizabeth Marie Chéron cy-deflous, fut un bon Graveur.
C H E' R O N (Elizabeth Sophie) naquit à Paris le tfoifiémeoétobre 1648. Son Père, Henri Chéron, originaire de la ville deMeaux, s’étoit mis en réputation par quelques portraits. Il étoitRéformé. Sa Mère, Marie le Févre, étoit Catholique. Le ta-lent de Mademoifelle Chéron pour la Peinture fe déclara de bonneheure. A fept ans elle enfeignoit le delïèin à une Elève de trenteans. Ayant fait un voyage à l’Abbaïe de Jouare, pour y peindrequelques perfonnes, elle y vit Mr. de la liéade, Gentilhomme An-glois, qui lui perfuada de fe faire Catholique, 8c après un an d’é-preuve elle fit fon abjuration. Elle eut foin de fa mère 8c de fesioeurs, que le père avoit laiffées apparemment pour la Religion.Elle porta fes fœurs à fe faire Catholiques, comme elle. La Mu-fique l’aurait diftinguée, fi l’éclat quelle a reçu de la Peinture 8cde la Poëfie n’eût fait oublier les heureufes difpofitions quelle avoitpour cet Art. Elle ajouta à la correétion du deflèin 8c à la luavitéde la couleur, l’ajuftement convenable à fes figures, un choix heu-reux , la vérité descaraétéres, la naïveté des pallions, la pureté del’Hiftoire, l’unité de lieu 8c d’aftion fi rarement pratiquée, les épi-iodes nécefîàires pour faire valoir le fujet, la différence des tems8c des pais, la juftetfe des allégories, loutenue de la vraifemblan-ce, 8c tout ce qu’un efprit cultivé puife dans d’autres fources quedans les préceptes de la Peinture. Elle rendit tous les autres Artstributaires de cet Art, 8c felprit brille dans fes Ouvrages encoreplus que l’Art. C’eft ce qu’on admire dans les tableaux quelle alaiffez, entre autres dans ceux de la Sépulture de Notre Seigneur,dans celui de fa fuite en Egypte, dans celui où la Vierge endormiede laffitude donne lieu aux foins que Jofeph 8c les Anges prennentde l’Enfant fefus. Elle avoit une exécution fi facile, que ni laconverfation, ni l’attention quelle donnoit quelquefois à d’autresouvrages en travaillant, ne troubloient point fes idées. Elle nes’eft pas bornée à une feule manière de peindre; elle les a toutesembraffées,8c a réiifii par tout ; en huile, en mignature, en émail,en gravure, 8c fur tout dans les admirables deffeins, quelle a tra-duits, s’il faut ainfi dire, des pierres antiques. Ce quelle a eu deplus fingulier, 8c qui marque la force de fon imagination, c’eft lafacilité quelle avoit de faire des Portraits de feul reflbuvenir. Ellefit dans fa jeuneflè un Portrait très relfemblant de Dona Hippolitad’Arragon, fans l’avoir jamais vue 8c fur la defcription, que lui enfit la ComtefTe d'illes. Cafimir, Roi de Pologne, Mgr. le Dauphin,fils de Louis XIV, les Princes fes Enfans, Mademoifelle de Mont-penfier, l’Empereur Jofeph ont voulu être peints de fa main. L'Em-pereur l’invita d'aller a Vienne 8c lui propofa des avantages conndé-rables. N’ayant pu la déterminer à quitter fa Patrie, il lui envoyades Mafques, pour avoir d’elle fon portrait 8c celui des Archidu-cheflës fes filles. Le Grand Condé fe rendit plufieurs fois chez elle,pour fe faire peindre. L’Académie de Peinture ne la reçut quefur la propofition qu’en fit Mr. Le Brun. L’Académie des Ricovratide Padoue lui a fait l’honneur de l’agréger, fans quelle l’eût de-mandé, 8c lui en envoya en 1699 les patentes, dans lefquelles ellelui donne le furnom d ’Erato. Son talent pour la Poëfie a paru dansfa Traduétion de plufieurs Pfeaumes dont elle donna en 1693, unRecueil in o&avo , enrichi de plufieurs figures deffinées 8c gravéespar Louis Chéron fon frère. Elle apprit l’Hébreu, pour mieuxentrer dans le fens du Prophète, 8c on prétend qu’elle a plus faitquelle ne prétendoit, quelle eft entrée dans fon efprit, 8c que nul-le Traduétion n’a mieux confervé le fublime des Pfeaumes. Peude tems avant fa mort, le P. de Toumemine l’engagea à continuer cetOuvrage, 8c elle a achevé la Traduétion des Pfeaumes de Vê-pres , du Cantique d’Habacuc , 8c du Pf. C1II, félon la Vulgate,ou CIV félon l’Hébreu. Elle traduifit dans le même tems le Pf.XVIII ou XIX, 8c la fécondé Ode du premier Livre des Odesd'Horace, dont lespenfées, dit-on, ont aflèz de rapport à cellesque David exprime dans le Pfeaume. Elle les traduifit dans la vuede faire fentir la fupériorité du Poète facré fur le Poète profane.Elle a compofé beaucoup d'autres Poëfies, de differens caraftéres,que le Public recevroit agréablement, 8c qu’on lui donnera fansdoute. Elle avoit commencé de traduire en vers François YOedipede Sophocle. On a encore d’elle, Traduélion d'une Ode Latine de M.l’Abbé Boutard ou Defcription de Trianon ; Les Cérifes rcnverfées , Poè-me Héroïque en trois Chants. Mademoifelle Chéron époufa affeztard Mr. Le Hay, 8c ils travaillèrent enfemble à divers Ouvrages.Elle mourut le troifiéme de feptembre 1711, âgée de 63 ans. Voiciquatre vers de M. l’Abbé de Bofquillon, deftinez pour être misfous le portrait de notre Savante,
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